‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 243 sur 297 · Actes de S. Theodoret, — Théod. — Soi., loc. cit · texte numérisé non relu

Actes de S. Theodoret, — Théod. — Soi., loc. cit

dit-il froidement en composant son visage, les dieux se sont vengés 1 . »

Mais autour de lui on n'éprouvait pas, on n'affectait pas le même calme. La prophétie du martyr circulait dans toules les bouches. L'idée que le Dieu des chrétiens allait se réveiller et se venger, s'emparait de toutes les imaginations; elle épouvantait les apostats; elle inspirait une terreur presque égale aux païens eux-mêmes, qui, sans adorer Jésus-Christ, ne faisaient pas difficulté de reconnaître en lui au moins un démon puissant. Chaque jour, dans cette disposition des esprils, semblait apporter un nouveau et sinistre présage. Le comte des largesses sacrées, complice du comte Julien, mourut, peu de temps après, d'un coup d'apoplexie. 11 s'appelait Félix , c'est-à-dire heureux, et c'était, avec Auguste, l'épilhète dont on faisait précéder le nom de tous les empereurs. « Voilà déjà Félix mort, dit un plaisant, Auguste ne tardera pas longtemps. » L'année d'ailleurs était singulièrement défavorable; les catastrophes se multipliaient. Nicomédie fut victime d'un second tremblement de terre qui acheva de détruire ses fondements, et dont la semousse se communiqua à beaucoup d'autres villes. Par suite de l'une de ces commotions souterraines, le Nil déborda à Alexandrie. La sécheresse durait cependant toujours autour d'Anlioche, et amenait h sa suite une grande famine. D'Occident les nouvelles n'étaient pas

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