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profane assimilation *. Jésus parlait contre les sépulcres blanchis : les chrétiens adorent les sépulcres des martyrs2; et quels hommes que ces martyrs ! des paysans rudes et grossiers ! Les chrétiens tuent les païens et se tuent les uns les autres. Ce ne sont point là les ordres de Jésus-Christ3. Une religion qui ne dure que depuis trois cents ans ne peut avoir la prétention de remplacer et de détruire les plus anciens cultes de l'humanité4.
Il est impossible, dans toute celte argumentation, de ne pas apercevoir une partialité visible en faveur .des Juifs. C'était un sentiment nouveau chez Julien, mais que la passion et la politique développaient rapidement. Mécontent des païens dont l'appui était mou et les excès compromettants, il se tournait par instinct vers les meurtriers de Jésus-Christ. Son âme, pleine de fiel, ne trouvant nulle part ni des convictions, ni des inimitiés égales aux siennes, se sentait attirée par une secrète sympathie vers une race opiniâtre et haineuse, que des siècles de proscription n'avaient pas domptée. Aussi obstinés dans leur foi .qu'acharnés dans leurs ressentiments, les Juifs, s'ils n'avaient pas la môme croyance que lui ,
a. L. x, p. 335. — I^s écrivains chrétiens font remarquer avec raison qnece témoignage ( d'autant plus précieux qu'il est moins suspect) atteste l'antiquité du culte des reliques. L'ouvrage de Julien contient plusieurs antres renseignements du même genre : ainsi on y voit la croyance générale des païens aux miracles du Christ (viv 191). On y reconnait aussi l'antiquité du mot Oiotoxg; appliqué à la Vierge (vin, Î76), du culte de la croix (vi, 194), etc.