‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 275 sur 297 · Amm. Marc-, xxv · texte numérisé non relu

Amm. Marc-, xxv

2. Amm. Marc, loc. cit. Erat tamen pro nobis œternum Dei cœlestis oumeu.

8. Fingentes humanorum respecta reliquias exercitus redire sinere

abandonner à la fois et les conquêtes qui tenaient l'ennemi en respect, et les citadelles qni gardaient ses propres frontières, c'était pour un Auguste d'hier payer la pourpre bien cher. De pareilles conditions ne pouvaient être acceptées sans débats ; mais, du moment où elles n'étaient pas rejetées par un premier mouvement d'indignation, la cause des Perses était gagnée. Pour les discuter avec Sapor lui-même et en obtenir au moins radoucissement, Salluste fut envoyé au camp des Perses arec Arinthéus. Ils revinrent , puis retournèrent, et quatre jours s'écoulèrent dans ces pourparlers, au bout desquels la famine étant plus grande et les provisions moindres que jamais, la soumission, difficile déjà à refuser auparavant, était devenue tout à fait indispensable.

Autour de Jovien, tout le monde penchait pourlapaii, . et dans l'armée on ne voit pas qu'une seule voix se soit élevée à rencontre. La nécessité pesait sur tous. Vu dernier motif leva toule indécision. Les amis de Jovien, ceux qui l'avaient porté au trône ou qui s'étaient compromis pour lui, réfléchirent qu'il n'était nullement sûr que son élection fût reconnue par l'armée restée en Mésopotamie, et principalement par Procope, parent A Julien, qui passait pour avoir été désigné par lui, au , début de cette expédition même, au milieu d'une cérémonie religieuse, comme son successeur. Qu'arrive-

cletnentissimnm regem, qum jubet si impleverit cum primstibos Cœsar... Pctebat autem rex obstinatius, ut ipse aiebat, sua dodom » Maximiano erepia.

rait-il si , après toutes les horreurs de cette retraite, Jovien trouvait encore le sol de la patrie fermé devant lui, et la guerre civile succédant à la guerre étrangère? Un prompt retour était le seul moyen de prévenir un tel péril, et la paix le seul moyen de hâter le retour. Jovien s'y décida. Elle fut conclue pour trente années et garantie par rechange des plus illustres otages : Victor, d'une part, avec deux trihuns militaires, et trois satrapes perses de l'autre*.

A peine les conventions étaient-elles arrêtées et la sécurité obtenue à ce prix onéreux, que, comme c'est l'ordinaire dans les grandes réunions d'hommes, toutes les dispositions des esprits changèrent brusquement. La veille, on ne songeait qu'au péril; le lendemain, on n'était plus sensible qu'à l'humiliation. Ceux qui eussent maudit l'obstination de Jovien, s'il avait refusé de sousorire au traité, une fois mis à couvert par sa signature, accusèrent hardiment sa faiblesse. De tout l'art du gouvernement, c'est peut-être le point le plus difficile que de savoir prévoir et braver ces rapides variations de l'humeur populaire. Tous les tacticiens de l'armée{ une fois le danger passé, retrouvèrent, pour condamner Jovien, des.trésors de patriotisme et de science, qui, malheureusement, au moment de la nécessité, leur avaiént fait défaut. Le récit d'Ammien lui-même porte

1. Amm. Marc, loc. cit.— Zos., m, 3i.— Soc, m, 22.— Snz., vr, 3. — Théod.. iv, 2. — S. Grég. Naz., Or. v, 15. — Eutr. — Rufm, loc. cit. — Liban., Or. 10, p. 324.

428 le nETOun de l'armée.

encore l'empreinte de celte étrange mobilité de senliment. Après être convenu que la négociation offerte les Perses fut une faveur inespérée de la Providence, il n'en soutient pas moins gravement, quelques lignes plus bas, qu'en mettant à profit les quatre jours qu elle dura, on aurait pu atteindre à la rigueur le territoire de la Corduène, distant seulement de cent milles, éi échapper ainsi à l'ennemi. Il n'oublie qu'une seule chose, c'est que des troupes épuisées par la famine ne font point de marches forcées quand elles ont d'heure en heure un combat à livrer, des adversaires à poursuivre et des morts à enterrer*.

L'incontestable vérité, que tous les récits sérieux concourent à établir, et que peut seule méconnaître Jignerance emphatique de Libanius, c'est que Jovien n'avait que le choix, ou de souscrire aux propositions de Sapor, ou de livrer son armée avec lui-même à uneextermi/wtion certaine. « Il n'en serait pas même revenu un portefeu, » dit très-raisonnablement saint Grégoire W *® expression proverbiale qu'il avait empruntée à des tepioins oculaires a. Saint Grégoire a raison d'ajouter qi* cette situation désespérée était plus imputable à l'imprudence de Julien qu'à l'indécision de son successeur, à qui le téméraire empereur avait laissé en heri- ' tage les conséquences de ses fautes, sans les ressource* de son génie. Il est absurde de prétendre, comme Eu-

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