Bolland., p
2. Voir aussi Régula S. Pacomiï, De puellarum disciplina, loc. cit.9 p. 35. — Bolland., p. 309. — Hic porro perfectionis gradua facilius obtingit adolesccntioribus, ut à prima aetate voeem Domini audientes, Dei recordatione informeutur et ad interiora inteudere se perpetuo conentur, donec ad summa quaeque et perfectissima, Samuclis in templo Tersantis exempta, per?eniant... Coram ergo adolescentium, nt Deus nobis praescribit, habeamus non mediocrem, quoniam, nt scriptum est, custodiens parvulos Dominas animas quoque nostras nt pupiilam eustodieU
la fln du iv* siècle), sortie comme par enchantement d'un sol jusque-là désert, vivant sous le régime de l'égalité è la fois et de la subordination, dans l'accord du travail le plus humble et des pensées les plus hautes; et qu'on s'imagine l'impression qu'en devaient ressentir les voyageurs, les commerçants, dont les caravanes, venues d'Éthiopie ou de la mer Rouge, traversaient à toute heure ces plaines sablonneuses. Jamais pareil spectacle d'activité et de paix n'avait frappé des yeux accoutumés au mélange de fasle oisif et de bruyante industrie des cités orientales. Ces laboureurs au front grave, ces ouvriers, les regards baissés sur le jonc qu'ils tressaient ou sur la toile dont ils tissaient la trame, ne ressemblaient ni aux chétifs colons de la glèbe, travaillant sous le fouet du maître, ni à l'insolent artisan des rues d'Alexandrie. En approchant de ce paisible atelier, on entendait quelques chants sur un mode simple : c'était un psaume ou un cantique qui tenaient Tôme élevée vers le ciel, tandis que le front était courbé vers la terre. La nuit était-elle venue , ou l'orage s'élevait-il dans la plaine , la modeste demeure s'ouvrait pour offrir un abri à tous les passants. Dans ces asiles de l'austérité et de l'abstinence, il n'y avait d'abondance que pour l'hospitalité et l'aumône, pour le voyageur et pour le pauvre. A des jours réglés, tout travail était suspendu et chacun courait à la chapelle. Une fois même par an, les routes entières étaient couvertes de nuées de pèlerins se rendant tous à la maison mère. C'était le saint jour de Pâques, et tous
les frères devaient se réunir pour célébrer en commun /a Résurrection du Sauveur. D'autres jours, ils sortaient, rangés sur une longue ligne, en entonnant des chants funèbres : il s'agissait de conduire à la tombe la dépouille d'un frère mort Le lieu de la sépulture était au delà du Nil , sur une montagne : nul n'aurait manqué de s'y rendre, ni infirme, ni vieillard, quels que fussent l'état orageux du fleuve et le débordement de ses eaux. Souvent aussi on signalait à l'horizon une petite barque qui descendait ou montait le Nil. Un vieillard en tenait la rame d'une main que ni le jeûne ni l'âge n'avaient affaiblie. (Tétait Pacôme lui-même faisant la visite de toutes les maisons. Son bateau lui servait très-habituellement de demeure; il y prenait le repos et la nourriture , toujours voyageant d'un établissement vers un autre. À peine débarqué, tous l'entouraient , et il disait à chacun une parole grave et précise gui se fixait dans la mémoire. A ceux qui pleuraient leurs amis ou leurs frères : « Les pleurs sur les morts , disait-il , ne peuvent les ressusciter; mais les pleurs sur les vivants peuvent ressusciter lésâmes1.» Les petits enfants se pressaient autour de lui en l'embrassant : Père, disait l'un d'eux, voilà plusieurs jours qu'on ne nous a fait cuire de légumes pour notre nourriture. — Ne craignez rien, mon ami, disait le saint, je me charge
1. BoUand., p. 811 : Hif inquit Tir sanctus, mortoo» quidem eos déplorant quos ad vitam revocire nullo modo possunt ; nos vero primuni nosmetipsos ac proximum deinde lugeamus. Forsilan... a morte suscitabit Dominus.
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de vous en faire.avoir1. II se faisait montrer tous les travaux et rendre tous les comptes. Le moindre sentiment de vanité chez l'ouvrier, tout esprit de lucre dans la communauté, trouvaient en lui un impitoyable censeur. <c Voyez ce frère, disait-il à un religieux qui lui montrait avec complaisance deux nattes habilement tressées ; il a travaillé du soir au malin pour le démon, et préfère deux nattes au royaume de Dieu *. » Un économe lui racontait avec orgueil les profits qu'il avait faits pour rétablissement ou sur les fournitures des religieux et le bas prix auquel il avait trouvé le moyen d'acheter du blé pour le couvent dans une saison de famine. Mais le saint ne voulait pas de pareils gains, qui sentaient trop l'esprit de commerce, et l'économe était réprimandé ou révoqué3. Pacôme était surtout sévère pour l'orgueil spirituel, tentation ordinaire des àraes adonnées à la contemplation, pour le goût des visions, des révélations particulières. Pour lui-même son humilité était telle qu'un jour Athanase étant venu, dans une tournée pastorale, visiter toutes les maisons du désert, il parut devant lui mêlé à tous les autres moines, sans consentir qu'on le nommât ni qu'on le fit connaître au patriarche. \ Bien que souvent il eût fait preuve d'une puissance surnaturelle, il ne s'attendait jamais à obtenir de Dieu aucune grâce extraordinaire , surtout aucun miracle ma-