‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 59 sur 297 · Soz.,11,9, lOetsuiv · texte numérisé non relu

Soz.,11,9, lOetsuiv

5. A. D. 346. — Indictio. iv. — U. C. 1099. — Conshntius iv, et Constans tu. Coss. — A. D. 347. — InJictio. v. — U. G. 1 100. Uufinus et Eusebius. Coss.

3. A. D. 348. — iDdictio. vt. — U. C. 1101. — Philippuset Flavius. Coss.

supérieure à la sienne. Les Perses traversèrent donc sur trois points le fleuve qui servait de frontière h l'empire , et vinrent former un camp retranché dans une plaine de Mésopotamie, voisine de la ville et de la montagne de Singare. Les Romains, ne pouvant éviter plus longtemps la bataille, s'avancèrent pour les déposter. Sapor, usant alors de stratagème, laissa sur les remparts du camp et sur les collines avoisinantes la plupart de ses gens de trait, rangea sa grosse cavalerie devant le camp même, et ne vint au-devant de l'ennemi qu'avec la moindre partie de ses forces. Un premier engagement eut lieu, mollement soutenu par les Romains qui soupçonnaient quelque piège. Mais Sapor, se faisant élever sur les boucliers de ses soldats, pour mesurer la profondeur des colonnes romaines, et feignant d'être épouvanté de ce qu'il apercevait, donna précipitamment le signal de la fuite. Le mouvement fut exécuté avec une terreur si bien jouée et qui devint si promptement communicative dans tous les rangs» que les Romains, jusque-là en défiance, perdirent toute prudence. Ils se lancèrent à la suite de leurs ennemis, sans écouter les conseils de quelques généraux mieux avisés, et de Constance lui-même, qui leur montrait vainement du doigt les archers retranchés sur les hauteurs. Au premier moment, l'élan des Romains fut tel qu'ils emportèrent d'assaut le camp des Perses, entrèrent dans la tente du roi et s'emparèrent de spn jeune fils, qu'ils mirent à mort sur-le-champ, dans un cruel

LA JEONBSSE Dfi JULIEN. 187

emportement. Sapor, sans se laisser émouvoir, les laissa faire main-basse sur toutes les richesses du camp; et ce ne fut que quelques heures après que, profitant de la nuit qui s'avançait et de la fatigue des pillards, accrue par l'extrême chaleur du jour et de la saison, il revint à la charge subitement avec ses archers, et jeta toute l'armée romaine dans une déroute inattendue. Ce fut, au dire des historiens, le plus grand avantage que les Perses eussent remporté sur les aigles romaines depuis Crassus et Valérien. Constance y perdit ses meilleurs généraux. Le succès avait pourtant été si chèrement acheté, que Sapor crut devoir s'en contenter, et repassa rapidement la rivière, en rompant les ponts derrière lui. Il laissa à l'empire près de dbc-huit mois de relâche 1 .

Ce ne fat en effet que vers la ftn de Tannée 349 *, qu'il revint mettre pour la troisième fois le siège devant Nisibe. 11 avait fait appel, dans cette campagne, à tous ses alliés, et soulevé même le fond de l'Orient contre la puissance romaine. Des rois des Indes raccompagnaient,

1. Liban , Or. 8, p. 123 et suiv. — Jul., Or, i, p, 40 et suiv. — Ces deux récits ne concordent pas en tout point, et tous les deux étant tirés des panégyriques de l'empereur rivant, ne sont probablement pas rigoureusement conformes à la vérité. — Julien croit que la fuite de Sapor fut l'effet, non d'un piège, mais d'une terreur véritable. H atténue aussi beaucoup les résultats de l'échec, mais Ammien Marcellin, qui ne faisait point de panégyrique, s'exprime bien plus nettement : Smgaram, dit-il, ubi acerrime illa uoeturna concertatione pugnatum est, nostrorum copiis ingenti strage confossis (xvw, 5).

2. A. D. 349. — Indictio. vu. — U. C. M 02. — Limenius et Caiilinus. Culs,

montés sur des éléphants, et suivis d'une infinité de machines de guerre, plus ingénieuses et plus compliquées que toutes celles qu'on avait vues jusqu'alors1. Une foule immense de femmes, d'esclaves, de domestiques, des familles entières avec leurs vieillards et leurs enfants, suivaient l'armée et donnaient à l'expédition l'apparence d'une véritable invasion2. La ville avait pour gouverneur un officier distingué, du nom de Lucilien, dont le gendre Jovien fut plus tard empereur. Mais sa véritable défense, c'étaient l'ardeur et les prières de son évêque. Jacques, à la nouvelle de l'approche des ennemis, avait rassemblé les habitants, veillé à la distribution des armes et à la défense des fortifications, assigné à chacun son poste, et, toutes les précautions ainsi prises, il était allé se mettre en prières dans son église, et ne cessait ses oraisons ni jour ni nuit.

A côté de lui, partageant ses préoccupations, ses veilles et ses prières, et agissant plus efficacement peutêtre encore sur l'imagination populaire, se trouvait un diacre de Syrie, du nom d'Ephrem ou d'Kphraïm, déjà connu par l'austérité de sa vie, l'ardeur de sa piété, et un don naturel d'éloquence. Ephrem, bien que pieusement

1. Chron. Alex., p. G74. — Aram. Marc, xx\\ 8, 9. — Tliêod., ttist. ceci., ii, HO. C'est d'après la chronique alexaLdrint que ucus plaçons à cette date le troisième siège de Nisibe. Zosirre le met à la fiu du lègne de Constance, et Théodoret presque aussitôt après la mort de Constantin. G.mme il y eut plusieurs sièges de Nisibe, la confusion des détails est inévitable.

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