‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 60 sur 297 · Jul., Or. i · texte numérisé non relu

Jul., Or. i

élevé par sa famille, n'avait été baptisé que dans l'adolescence, après quelques désordres de jeunesse, qui même l'avaient conduit, sous une fausse imputation, dans une prison criminelle. Eclairé, pendant ce temps d'épreuve, par une vision céleste, régénéré par celle humiliation, il était sorti du cachot pour courir à la solitude 1 . La vie des cénobites de Mésopotamie, presque affranchie de toute règle monastique, était plus sauvage encore que celle des cellules d'Égypte ; elle participait de l'àpreté de ces contrées montagneuses. Plusieurs solitaires demeuraient dans les rochers, sans autre logement que des cavernes, sans autre nourriture que les herbes de la montagne, qu'ils allaient couper chaque matin avec une serpette, et qu'ils mangeaient toutes crues. On les nommait les pasteurs, ou, plus exactement, les brouteurs (posxot) 2. Ce fut parmi ces hommes des bois, peu lettrés, étrangers à tous les besoins de la nature, mais pleins d'une ferveur naïve, qu'Ephrera, sans pourtant s'engager tout

1. Ces détails sur la jeunesse de saint Ephrem sont racontés d'une manière assez confuse et contradictoire dans deux pièces qui portent son nom, l'une intitulée Testament , et l'autre Confession. L'une et l'autre ont été contestées, et sonl en effet difficiles à accorder ensemble. Sozomène ( m, 16), qui rapporte les traits de sa vie et de son caractère a?ec la plus pieuse admiration, convient pourtant qu'il avait été fort colère dans sa jeunesse, défaut dont plus tard il se corrigea complètement. La Confession de saint Epbrem se trouve dans le tome premier de ses œuvres publiées à Rome par Vossius (p. 120 et suiv. ) Lesautrei renseignements sur la vie du saint peuvent être tirés de saint Jérôme, De viris t//., 115, et d'un panégyrique prononcé par saint Grégoire de Nysse. Cf. Comrnentatio critica de Ephrœmo Syro, auctore C. Leugerke; Halis Saxonum, 18*8.

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