‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 69 sur 297 · Zos., ibid. — Amm. Marc, xxv · texte numérisé non relu

Zos., ibid. — Amm. Marc, xxv

rend. La journée du 28 septembre 1 (car toute la belle saison avait été employée dans ces pourparlers) vit enfin s'engager la bataille de laquelle dépendait la destinée de la race de Constantin. La fortune du grand empereur remporta encore cette fois. Ce fut dans les plaines de Murse,où Magnence s'était résolu à se transporter, après s'être enfin rendu maîlre de Siscia, que les deux armées en vinrent aux prises. Les chefs répugnèrent jusque sur le champ de bataille à s'exposer eux-mêmes, et la moitié du jour s'écoula sans aucun mouvement décisif2. Cette incertitude était favorable à Constance. Le courage étant égal des deux parts, il avait l'avantage de la science et de l'habileté stratégique3. Sa grosse cavalerie, revêtue d'armures de fer, d'après un modèle qu'il avait emprunté aux années persanes , et qui laissait aux mouvements tonte leur -souplesse4; d'autres corps d'invention également nouvelle et ingénieuse, qu'il avait organisés lui-même, déterminèrent la victoire en sa faveur, malgré la vigueur native des troupes gauloises et germaines, dont Magnence ne savait tirer qu'un médiocre parti. La lutte fut pourtant acharnée; la mêlée se prolongea très avant dans la nuit, et coûta à l'empire, si l'on en croit les historiens, une perte de près de cinquante mille hommes répartie entre les deux armées. « Jamais, dit

I. Cette date résulte des Fastes d'Idace ClintOD, Fasti romani 9 350. î. Zon., xiii, 8.

8. Jol., Or., i, p. 68; h, p. 104, 105. 4. Zon., t'6. — Zos., il, 50.

Aurèle-Victor, la puissance romaine ne reçut un aussi grand coup4. » Des officiers d'un grade élevé dans les deux camps , Ménélas, chef des archers arméniens, Romulus,le comte Marcellin lui-même, laissèrent leur vie dans cet effroyable combat2. Magnence ne dut son salut qu a la fuite. Quant à Constance, après avoir pris d'habiles mesures qui contribuèrent beaucoup au succès de la journée, il ne parait pas avoir aventuré sa personne dans le péril. Il attendit patiemment le résultat de ses combinaisons, retiré dans une église qui était auprès de Mursc, en compagnie de levêque cauleleux Yalens, qui l'assistait de ses prières et savait profiter de ces moments d'angoisse pour s'insinuer dans la faveur impériale. Averti de l'heureuse issue de la bataille par des messagers qu'il avait mis en observation , Valons fut le premier à annoncer a l'empereur qu'il était victorieux. « Et d'où lesavez-vous? s'écria le prince encore tout ému. — Un ange me l'est venu dire, répliqua l'audacieux prélat3.» Parcourant le lendemain le champ de bataille, dont on l'accusait assez haut de s'être lenu trop loin, l'empereur ne put retenir ses larmes à la vue de tous ces braves soldais, de tous ces intrépides défenseurs de Rome, dont les cadavres jonchaient la terre; et, pour mettre fin à ces horreurs de la guerre civile, il se hâta de proclamer une amnistie; puis, soit pour en attendre l'effet,

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