Amm. Marc, xv
2. Luciferi Calaritani Opuscula, Paris, i568 : De non parcendo in beum delmquentibus.
3. A. D. 355. — Indictio. xm. - U. C. 1108. — Arbetio et Lolliadqs. Coss.
dix ans il n'y avait qu'une seule personne couronnée dans toute l'étendue du monde romain ; car Constantin lui-même s'était toujours associé, au moins nominativement, un de ses fils, avec la qualité de césar. Rarement, la masse effroyable de la toute- puissance avaH pesé sur une tête plus incapable de la porter.
Pour le moment, cette omnipotence était dirigée loot entière, et comme braquée vers un seul point de l'horizon. Un homme sans armes, sans gardes, sans puissance, réfugié dans une extrémité de l'empire, entre une cellule et une église, passant ses journées entre Taumône et la prière, avait l'honneur de concentrer sur luimême toutes les jalousies, et bientôt toutes les colères impériales. Quelque habiles qu'eussent été les calomnies dirigées contre Àthanase, et quelque aveugle que Bit la crédulité qui les accueillait, son plus grand crime, on peut le croire, était d'avoir résisté un jour et de n'avoir jamais flatté. Ce n'était ni un tribun haranguant des multitudes, ni un courtisan intriguant dans une antichambre. Il ne bougeait pas, il ne parlait pas. Immobile et silencieux, il attendait qu'on vint l'enlever par la violence. Hais dans ce représentant désarmé de la conscience, le despote irrité sentait avec impatience un égal et presque un maître. Du sein de l'oppression universelle, c'était le réveil du droit appuyé sur la vérité *.
1. Le récit des longues démarches faites par Constance pour arriver à ia condamnation d'AXhanase, arrache à Gibbon cette réflexion : a La difficulté avec laquelle on procéda à U condamnation d'un évôque
De Milan à Alexandrie, il n'y avait que deux têtes levées, qui se faisaient face l'une à l'autre : Constance, le maître du monde, et Athanase, le serviteur de Dieu.
Le concile, dans la pensée de Constance et de ses conseillers, devait avoir pour résultat d'entraîner par la force l'adhésion de l'Église d'Occident aux sentences d('jh portées tant de fois contre Athanase par les Orientaux, et d'arriver ainsi parla violence à cette unanimité qne tant de délibérations et de discussions n'avaient jamais pu obtenir. Aussi avait-on mis un grand soin à réunir le phis grand nombre possible d'évêques d'Occident. Pour les évêques Orientaux , dont l'opinion était déjà connue et consignée dans plus d'un arrêt, on ne jugea pas nécessaire de les déranger. Il n'en vint qu'un trèspetit nombre 4. Mais, dit un historien, comme il ne s'agissait que de force et non de discussion, tous les soldats de Constance pouvaient passer à peu près pour autant d'évêques ariens *.
Les directeurs de l'assemblée, après l'empereur et les officiers, étaient les évêques de Pannonie, Valens et Ursace, aidés de plusieurs de leurs collègues de la même province, à qui la qualité de latins et l'usage facile de la langue de l'Occident assuraient un grand ascendant. Ils ne conçurent rien de mieux, pour entraîner
populaire découvrit au monde que les privilèges de l'Église avaient déjà réTeillô dans le gouvernement romain un sentiment d'ordre tt de liberté, o