‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 93 sur 297 · I. Soc., ni, i. — Soi., v, 2. — Liban., Or., 10, p · texte numérisé non relu

I. Soc., ni, i. — Soi., v, 2. — Liban., Or., 10, p

explicite. En l'envoyant à Nicoraédie, on lui avait trèssoigneusement recommandé de ne pas suivre les leçons du fameux païen Libanius 1 , dont la renommée» on Ta vu, remplissait tout l'Orient. Non-seulement il s'était scrupuleusement conformé à cette interdiction» mais on l'avait vu assister avec assiduité aux leçons d'un rhéteur peu habile , qui ne devait sa place qu'à la faveur de l'empereur, et cette faveur; elle-même qu'à ses invectives constantes contre les dieux des païens. Puis, bien qu'il fût en correspondance familière et amicale avec les rhéteurs principaux des villes d'Asie Mineure, bien qu'il leur envoyât souvent à corriger ses essais d'éloquence, le sujet de ces lettres comme de ces exercices oratoires était si frivole qu'il n'y aurait vraiment pas eu moyen d'en prendre ombrage. Un jour c'était un panier de cent figues qu'il envoyait à l'un d'eux, et à cette occasion il exaltait le mérite du fruit du figuier et la vertu du nombre cent; une autre amplification traitait de l'écho et de ses rapports avec l'amitié. Le surveillant le plus ombrageux ne pouvait prendre de telles futilités en mauvaise part, et Ton voit même, par une lettre que nous possédons S que Constance, heureux sans doute de savoir le jeune étu-

1. Liban., Or., 10, p. 263, 264. — Soc. — Soz., loc. cit. «. Jul., Epist., vin, xix, xxiy, lit. — Nous suivons pour la citation , des lettres de Julien l'édition de Spanheim ( qui est la plus complète dans cette partie ) tandis que pour ses discours la numération des pages est empruntée à l'édition de Paris, 1680. La chronologie des lettres nous parait avoir été très-heureusement déterminée par M. Desjardins, dans sa thèse sur Julien (Paris, 1845), d'après les indications de l'éditeur allemand Hegter.

diant ainsi occupé, l'encourageait en lui désignant parfois lui-même le sujet de ses discours, et l'avait entre autres choses, chargé de louer les beautés de Constanlinople. A la vérité, dans les dernières années du règne de Gallus, il avait pris un peu plus de liberté. Il avait parcouru l'Asie Mineure, et à Pergame comme h Éphèse il avait fréquenté les philosophes de la secte alexandrine, iEdesius,Chrysanthe et Maxime. 11 s'était fait instruire de leurs systèmes, avait paru goûter leurs leçons, s'était habillé à leur mode, et avait même laissé pousser sa barbe1. Mais, sur le premier indice de mécontentement venu de Milan, il avait à l'instant changé de conduite, et on l'avait vu#reparaître à l'église, rasé, vêtu en moine, et reprenant avec assiduité l'office de lecteur des saintes Écritures, qu'on lui avait enseigné à remplir dès sa jeunesse 2. Pour s'assurer tout à fait de sa disposition, Gallus qui, malgré ses vices, était zélé pour la religion chrétienne, lui avait envoyé un prêtre de sa cour, afin de l'interroger et de l'examiner sur sa foi. Ce prêtre, à son retour, avait rendu le meilleur compte de son enquête, ayant trouvé le jeune prince assidu à l'église et aux tombeaux de tous les martyrs. Il est vrai que c'était un nommé Aélius, grand Arien lui-même et médiocre garant de la foi d'autrui 3.

1. Soc. — Soi-, loc. cit. — Liban., Or., x, p. «65. — Eanap., Fil. Sop/i., Maxim., p. 474.

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