Soc. — Soz. — Libau., loc. cit
S. PhilosL, m, Î7. - Jul., Epist., p. 454.
% Sur ce point, comme sur tout autre, par conséquent, la conduite de Julien paraissait pleinement justifiée. Et cependant, ni la police de Gallus, ni celle de Constance, n'avaient réussi à tout connaître. Il est des plaies, en effet, qu'aucun œil humain, pas même le regard perçant de la jalousie, ne peut sonder jusqu'au fond. Dans les profondeurs de cette âme ravagée par un feu intérieur et pleine d'une ardeur sauvage, mais comprimée, nul ne pouvait démêler tous les sentiments que faisait naître, tous les artifices que suggérait une oppression commencée avec la vie. Personne ne savait, par exemple, que, pendant que le royal élève suivait les cours d'un professeur chrétien, il se procurait secrètement les leçons, les discours de Libanius, passait ses veilles à les étudier avec un soin tel, qu'il avait dérobé les secrets de composition du maître, et pouvait imiter sa façon d'écrire de manière à tromper les plus habiles1. Nul ne savait non plus jusqu'où était allée l'intimité du prince avec les philosophes alexandrins, très-mystérieux eux-mêmes sur les secrets de leur doctrine.Voici pourtant ce qui s'était passé dans ces confidences, dont Eunape avait gardé la tradition, et qui décidèrent, à l'insu de tout le monde, de la destinée du dernier neveu de Constantin.
J^fT' ?"^' ?" 263' et ^ h> p* 152- L'abbé d* la Bléterie, rapportant ce trait de la .vie de Julien, ajoute que cette ressemblance
se retrouve en effet entre les écrits de l'empereur et du sophiste, mais « en beau, et de la manière qu'un homme de qualité qui parle bien, * s;ins nffectation,*peut ressembler à un rhéteur qui s "étudie à bien « parler. >»
C'était à Pergame, dans la retraite du vieil JJrfesius,
le disciple chéri de Jamblique, héritier à la fois de sa
renommée et de ce mélange de superstition et de science
dont ce philosophe avait fait, nous l'avons vu, malgré
la résistance de Porphyre, le symbole commun et le
grand moyen de popularité des Alexandrins1. jEdesius
était un vieillard prudent, très- troublé du malheur des
temps, qui avait toujours devant les yeux le sort du
philosophe Sopatre, massacré à Constantinople ; il ne cultivait la science qu'en tremblant, et s'était laissé faire en quelque sorte violence par la renommée. Il
était fatigué, et voulait finir ses jours en paix. Julien, en s'empressant auprès de lui, le flattait sans doute, mais 1'inquiétaiL Sans refuser précisément de l'instruire sur les principes généraux de la philosophie platonicienne, que Julien d'ailleurs pouvait étudier dans les livres de Plotin et de Porphyre, il aurait redouté de l'initier lui-même aux pratiques secrètes de l'extase et de la théurgie; il aurait craint de paraître quitter le métier eftcore licite de philosophe païen, pour la profession déjà si sévèrement défendue , de magicien et d'enchanteur. Hais Julien, doué d'un esprit perçant, devinait qu'on ne lui disait pas tout, et soupçounait quelque mystère. Las enfin d'éluder toujours ses questions pressantes: « Aimable enfant de la sagesse, lui dit un jour jEdesius (laissez-moi vous nommer ainsi, car je