s. Alhan., Apol., p
tinelles, les vaisseaux qui entraient au port ou en sor* taient soigneusement fouillés ^
On avait beau chercher, on ne trouvait rien. On commençait à dire, soit qu*Alhanase était mori, soit qu*il avait su, par des arts magiques, se rendre invisible^. Des couvents delà ville, il était nnlurd dépassera ceux du désert. Le monastère de Tabenne Tut un des premiers qu'on visita. Telle était pourtant la vénération qu'inspirait ce pieux établissement à tout le pays, qu'on n'osa pas s'y prendre avec la brutalité ordinaire. Un olBcier d'un grade élevé, accompagné d'un prélat arien et d'une bonne garde d'archers, remonta le Nil pour aller lui-même faire l'inspection. En l'absence de Théodore, successeur de Pacôme, c'était un moine du nom de Psarphiasqui était chargé de la direction. « Atha- ■lase n'est-il point parmi vous? demanda Tofficier : nous «vons ordre de l'empereur de le chercher el de l'emmener. — Athanase est notre père, répondit Psarphias; oous l'aimons et le reconnaissons comme tel, mais nous l'avons jamais vu. x On lui ouvrit toute la maison, 4u'il put fouiller è son aise, et où il ne rencontra aucune ti*ace du fugitif. En entrant dans l'église, il trouva les Moines assemblés qui faisaient roffice : « Priez pour ^oi, leur dit-il. — Nous ne pouvons prier avec les ^mis d'Arius », dirent-ils unanimement : et ils le lais-
1. s. Athan., ad .So/, p. 849. —Soz., iv, 10. — Tliôod., ii, 4. — Ce dernier auteur dit que Constance avait mis la tète d'Athanascà piix. ^1 n'y a rien de semblable dans la lettre d 'Athanase.
î. Soz., loc. cit.
330 LA PERSÉCUTION ARIBNNE.
sèrent dans l'église, d*où il sortit tout troublé, racontant qu'il avait eu des visions effrayantes de la colère d6 Dieu*.
L'instinct pourtant l'avait bien guidé, et c'était dans une de ces retraites du désert que vivait, sous l'humble vêtement du moine , l'homme qui mettait le monde entier en rumeur. Après la nuit du 5 février, les amis d'Athanase l'avaient emmené précipitamment hors de la ville, et caché dans un des premiers couvents qu'ils rencontrèrent. Il n'y voulait d'abord pas séjour* ner. Son dessein, vainement combattu par ceux qui l'entouraient, était d'aller trouver l'empereur à Milan, et de demander publiquement justice, a L'empereur, disait-il, m'a donné sa parole de me protéger toujours. Il ne peut avoir oublié à ce point ses serments : c*cst à moi de les lui rappeler. » Dans cette pensée, il s'était déjà mis en route pour se rapprocher du bord de Ja mer et chercher quoique lieu écarté où il pût s embarquer. Il s'avançait prudemment, d'asile en asile, toutes les maisons des chrétiens fidèles s'ouvrant devant lui pour lui servir de refuge-. A chaque pas, on lui apprenait quelque violence nouvelle de ses adversaires : il voyait arriver tout en larmes les fugitifs d^Alexandrîe.