S. Hil., nd Const,, p. i
ciié, leur écrivait-il dans un véritable accès de rage triomphante, n*a donc point renié ses habitudes héré* (litaires et les traditions de ses fondateurs : elle s'est montrée, comme toujours, obéissante et docile. Après œlte preuve de soumission ^ si nous ne surpassions pas en bienveillance pour vous Alexandre lui-même, nous ^herions gravement... Quel lieu du monde ignore l'honneur qui vient d'être acquis dans ces derniers événements? Je ne sais, en vérité, à quoi le comparer. La plus grande partie de votre ville était dans l'aveuglement; un homme la gouvernait, sorti des plus bas fonds; il conduisait dans les ténèbres tous ceux qui cherchaient la vérité, les séduisant non par des paroles saines, mais Perdes jongleries. Et il avait des flatteurs qui Tapplau- Jissaient, qui s écriaient d'admiration (lesquels, je pense, grommellent bien quelque chose encore en ce OM)ment entre leurs dents) : les simples, trompés, se laissaient entraîner à vivre suivant les conseils de cet homme, et la chose publique, emportée comme par un tonrent, s'en allait vers un cataclysme... Mais le voilà, ^ grand homme, cet homme courageux : il n'a pas su comparaître pour se défendre; il s'est condamné lui- ^èm, il a fui ! Je conseille aux Barbares de s'en défaire au plus vite, de peur qu'il ne pervertisse ceux ?" il rencontre, se lamentant devant eux avec des airs ^es larmes de théâtre. Quant à lui, donc, qu'il s'en ûil'e et ne revienne plus; et quant u vous, distinguezvous du grand nombre, comme vous avez toujours fait,
par votre sagesse et votre vertu.... Ne vous souvenei plus des vains bavardages de ce scélérat... convaincu de tant de crimes qu*il ne les expierail pas encore suffisamment s*il subissait dix fois la mort y>
Personne n'était dupe (et Georges moins que tout autre) du prélendu congé donné en de tels termes à Athanase par l'empereur : il était clair que lui apporter la personne ou la téte de son ennemi était encore le meilleur moyen de se mettre en grâce. A peine installé, par conséquent, le nouvel évéque, aidé par son associé Sébastien , fit commencer une exacte recherche pour s'assurer de la retraite du proscrit. Églises, maisons, jardins, couvents, tombeaux même, tout fut ouvert, inspecté et bientôt pillé par une soldatesque furieuse qui, très-animée à la poursuite, ne négligeait pas, chemin faisant , de penser à ses propres profits. Les amis connus d'Alhanase, désignés pour les plus sévères perquisitions, étaient soumis à des violences qui les pénétraient de terreur. On entrait chez eux à toute heure, au nom du prince; on les rouait de coups, pour leur faire dire ce qu'ils ne savaient pas; on enlevait au hasard de leur maison tous les objets de quelque valeur. Ils fuyaient précipitamment dans les faubourgs et dans les campagnes, ou s embarquaient sur le fleuve. C'était une émigration générale, mais secrète, car les portes de la ville étaient gardées, les chemins couverts de sen-