‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 124 sur 321 · Soz., IV, 20, 21. — Soc, II · texte numérisé non relu

Soz., IV, 20, 21. — Soc, II

Patrophile un chef actif et obstiné. On alla tirer brûlalement le confesseur de ea maison, et on renferma dans la cellule d*un hospice, où personne n^eut permission de le venir voir. Eusobe se laissa faire en silence; mais le lendemain Patrophile reçut de lui un billet avec ceUe SQscription : «Eusèbe, serviteur de Dieu, au geôlier Patrophile. » Il lui annonçait sa résolution de ne pas manger un morceau de pain, de ne pas boire une gouile d'eau dans sa prison, décidé qu*il était à se laisser plutôt mourir de faim qu*à renoncer à recevoir sa nourriture des mains de ses frères. Patrophile , ému de cette froide intrépidité, n*osa prendre sur lui de causer la mort d'un collègue, et lui fit rendre sa liberté. La foule lui fit corl^e de la prison jusqu'à sa demeure, et voulut illumi- Aer elle-même tout le bâtiment. Peu de jours après, il ''âcevait une députation de deux prêtres de son église ^tii avaient traversé la mer pour venir lui apporter les Souvenirs et les collectes de son trou|)eau. A son tour , distribuait dos aumônes à ceux qui lavaient assisté la V-^ilIc; il écrivait aux fidèles d'Italie pour les encourager les remercier, et resserrait ainsi encore, du fond de ^« l'etraite, toutes les mailles de ce réseau que Torgani- Sqaition ecclésiastique avait jeté sur le monde, et qu'au- Cî4ine puissance humaine ne pouvait plus briser*.

1. Li lettre d'Easèbe de Verccil à son église, qui rend compte de ^î«*le anecdote, a été publiée par Baronius Aun. eccl., auii. 330, § 95) , porte un grand caractère d'authenticité. S. Épiphanc (Hœr., xxx, 5) Jfai.oute qu'il a été voir lui-même le confcssrur Eusèbe dans sa retraite ^fe Scylhox>le, chez le comte Joseith.

LA PKRSÉGUTION ARIENNE.

Lucifer supporlail les peines de Texil avec moins de patience el bravait la persécution avec encore plus d'audace. Dans une suite de pamphlets écrits d'un style dur et rustique, comme il le dit lui-même ; ce rude paysan poussait la liberté évangéliqiie jusqu'à ses plus extrêmes limites : Défense d'Alhamse, Condamnation des rois apostats , Nulle société avec les hérétiques , Il ne faut point épargner les ennemis de Dieu , Mourons pour le Fils de Dieu, tels étaient les titres de ces traités acerbes, où les anathèmes sévères de la langue biblique sont épuisés par cet autre Ëlie contre un nouvel Âchab : le serpent de la Genèse , le loup de l'Évangile ne sont plus que des images adoucies de l'empereur arien. « Au dernier jour, dit-il, comme Adam dit à Dieu : c'est le serpent qui nous a séduils ; nous, évôques, si nous faiblissons , nous dirons : c'est Constance qui nous a séduits... Viens donc, empereur, pourquoi ne te venges- tu pas de moi, de ce mendiant qui t'insulte?... Penses-tu que nous rcspeclerons (on diadètre, tes pendants d'oreilles, tes bracelets, tes riches vêtements, et que nous oublierons le maître des cieux et de la terre* ? » Tous ces écrits circulaient rapidement, grâce à la communication constante des églises entre elles, malgré la police et les dislances. Athanase en eut ccnnaissance dans sa retraite, put faire demander ces écrits, les recevoir, et bien qu'il dût déjà y reconnaître des ^—

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