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traces de cet esprit trop véhément qui le mirent plus tard lui-même aui prises avec Lucifer, il n'hésita pas, devant tantdecourage et dans un tel péril à lui envoyer ses félicitations. Il l'appelait : a 0 véritable Lucifer, qui portes te flambeau de la vérité et le mets sur le chandelier, pour qu'elle luise aux yeux de tous, n Bien plus, Tempereur lui-même reçut un jour un de ces manuscrits, qui lui fut directement adressé. Surpris d'une telle audace, et ne voulant pas croire qu'elle fût possible, il fil écrire à Lucifer par Florentins, son maître des offices, pour savoir s'il était bien réellement l'auteur de l'envoi. Nous possédons encore cette étrange correspondance, dans laquelle le persécuteur semble reculer inlimidé devant la victime.
«Florentins, maître des offices, au très-excellent seigneur Lucifer :
« Quelqu'un est venu offrir en votre nom un manuscril à noire Seigneur et Auguste; et celui-ci a désiré îi il fût renvoyé à Votre Sainteté , et veut savoir si c'est l^ien vous qui l'avez adressé. Répondez donc ce qui est ^•^i» el renvoyez le manuscrit, afin qu'on puisse l'offrir de nouveau à son Éternilé. »
l'Ucifer répond sans hésiter :
* Mon fils très-cher , votre lettre très-honorée me fait
savoir qu'un homme a remis en mon nom, à l'empe-
un manuscrit qu'il dit avoir été adressé par mon
'^"niililé. Votre religieuse Prudence saura que j'ai exa-
"^'ûé avec soin ce manuscrit , et que je le remets, pour m. 23
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VOUS être rendu, à Bonose , l'agent d'affaires. Et maintenant Votre Générosité voudra bien dire à l'empereur que je le reconnais pour mien sans difficulté. El quand l'empereur aura commencé de réOéchir aux raisons qui m'ont décidé à discuter de œtle sorte , il verra que nous sommes décidés à souffrir la mort qu'on nous prépare * . »
C'était autour de Constance même, et aux portes de son palais , que celte forte organisation de l'Église se jouait de sa colère et bravait sa puissance. Avec quelque dureté qu il eût sévi, il n'avait pu bannir tous les évéques d'Occident, et ceux qui restaient sur leurs sièges, même au prix de quelque complaisance extérieure, conservaient pour Athanaseun penchant secret, et pour la foi de Nicée un très-vif attachement. Dans les diocèses où on avait installé de force desévêques intrus, les populations en masse refusaient de communiquer avec eux. Le diacre Félix, créé évéquede Rome en place de Libère, restait seul dans son église, abandonné de^ son troupeau et d'une grande partie de son clergé , bieiM qu*il protestât très-hautement qu'il était tidèle à la foB de Nicée Zosimc, élabli à Naples, aux mêmes condi — lions, n'y recevait pas un meilleur accueil, et un maH très-grave qui le frappa peu après, fut considéré fomm tout le monde comme une justice de Dieu Plus
1. Ces Icît: os se trouveut la lin des œuvres de Lucifer de CagUari.
2. Buf., I, 22. — Soz., IV, 11. — Socr., ii, 37. — Tbéod., 2, 16.
3. MarceUiui et Faustini Libellus precum, p. 25. * Hisi, «ce.
LA PIR8BCUTI0N ARIBNNI.
s'éloignait d*Italie, du côté deTOccident, plus la résistance était prononc(^e. Le vieil Osius, bien que déjà affaibli par Tàge , et assailli chaque jour d'instances et de menaces qui ébranlaient son intelligence obscurcie , tenait encore réunis autour de lui les évèques d'Espagne*. Enfln, en Gaule, un athlète plus jeune venait de se lever tout à coup du sein du paganisme, et consacrait à la foi du Verbe une ardeur mûrie par la réfleiion etrétude. C'élait Hilaire, noble de Poitiers, récemment converti h la foi chrétienne, puis promu à Tépiscopat de sa ville natale, après une jeunesse passée dans la culture des lettres et dans les jouissances honnêtes de la vie du monde *•
Hilaire était animé pour la divinité du Yerbe d'une sorte de passion, née de la reconnaissance personnelle; car il devait à celte croyance inetTable le repos d'une intel- %ence longtemps agitée par les doutes d'une philosophie curieuse. Il nous a enseigné lui-même dans ses ^rits toutes les étapes de la voie laborieuse qui Tavait induit à ce terme suprême de la foi , et il explique par
i. s. Athao., ad Sol., p. 841.
%. Le fait que S. H lair^ avait passé ses premières annt^es dans le re.^sort, suivaot n »us, tiès éNideiumeDt du récit qu'il fait X^-mème de su c^mveision au début du livre de la Tr>mtc , et dont ^ous allons donner un extrait. L'éditeur bénédictin paiatt en douter ^«peiitlaiit, sur le téinuignage très-|)08térieui de Fortunat. li est ^l»U-'é<le supiJ-tser qui* le début du livr»* de la Trinité est une sup|0- ^iUoQ faite à pLiisir par S. Hilaire. Nous ne voyons rieu quianiorise oeUe hypothèse; et au contraire le texte de S. Augostin, cité par œ Yndme éditear, et qui compte S. Hilaire parmi les docteurs qui oat em- ;pQCté les tiéson d'Ëgypte en Isradl^ confinneropinioD U plu BatutUi.
là même le dévouement sans bornes qui devait remplir toute sa vie. Jeune encore, riche, père d*une fille qu'il adorait, placé au premier rang de cette noblesse des Gaules qui brillait par le savoir autant que par Télégance et la politesse, il avait un jour senti s*élever du sein de sa conscience une redoutable question. Quel était le but de sa vie? Suffirait-il de la laisser couler doucement dans l'opulence tranquille qui l'environnait? Vivre pour jouir, n'élnil-ce pas vivre comme les bêles? N'était-ce pas vivre pour mourir? « Non, s'était-il écrié , la vie ne peut nous être donnée seulement pour nous mener à la mort; et le doux sentiment de l'existence ne peut nous conduire uniquement à la crainte douloureuse de la perdre*. »
Jetant alors les yeux sur les systèmes des philosophes : c( Je trouvai, dil-il, juste et sensée la sentence de ceux qui disent qu'il faut conserver sa conscience pure de tout crime, puis pourvoir aux difficultés de la vie, les éviler par la prudence ou les supporter patiemment; et cependant ceux-là même ne me semhinient poinl en dire assez pour qu'on pût apprendre d'eux à vivre bien et heureusement. Leurs prcceplcs étaient ordinaires, conformes au sens commun de l'humanité. Les méconnaître, c'eûl été sè ravaler à l'élat de h» bêle; et les enfreindre après les avoir connus, c'eût été dépasser les brutes en stupidité. Mon âme avait soif de faire autre chose que ce qu'il serait criminel de ne pas faire : elle aspirait à con-