Jul., Or. 8, p. 443, 450, passtm. J
L*aini affligé continue sur ce (on moitié déclamatoire, moitié sensible; et» après avoir comparé successivement sa douleur à celle de tous les héros de Tantiquité , il se console aussi par leurs maximes et par leurs exemples. Puis il souhaite à Sallusle un bon voyage vers la Grèce (on l'envoyait en Thrace pour le service militaire) : ce séjour sera un nouveau lien entre eux. Julien, Grec par le oœur, se fait Gaulois pour plaire à Salluste : Salluste, Gaulois de naissance, sera bienvenu parmi les Grecs en i'honneur de Julien. D'ailleurs, ils peuvent parler à loisir de leur amitié, a Sur tout le reste, ajoute le prudent E^hilosophe, il faut être plus silencieux que Pylhagore'.» [1 prend congé de lui avec deux vers d'Homère.
Une consolation plus efficace encore pour l'âme de Fulîen que la philosophie, ce fut la distraction des camps Bt du commandement militaire. Dès le commencement de l'été de 358, en elTet, il était pressé de rentrer en campagne, et supportait impatiemment le retard que lui imposait une année très-rigoureuse. On attendait les convois de vivres ordinaires d'Aquitaine , et l'état des routes ne permettait pas d'espérer qu'ils fussent prêts avant le mois de juillet. Ne pouvant se résigner à une si longue patience, Julien tira des greniers ordinaires des garnisons une provision de biscuit suffisante pour vingt jours de nourriture. Puis, confiant dans la rapidité accoutumée de ses succès et dans les ressources que la guerre pourrait fournir, il se mit en marche sans plus
t Jul.. Or., 7, p. 463-464.
tarder. C'était, cette Tois, vers le nord de la Gaule quil marchait, et contre les Francs qu*il voulait déployer^ la même énergie avec laquelle il avait assuré , en dépi" des efforts des Alamans, la sécurité des provinces orien»^ laies. Il avait en vue principalement une tribu franqusv les Saliens, qui, récemment poussés hors de Germanie par les Saxons, étaient venus occuper les fies qui ferment Tembouchure du Rhin , et se répandaient sar toute la partie méridionale de la Belgique*. A peine avait-il fait deux jours de marche, qu'il fut rencontré à Tongres par une députation de ce peuple qui venait, tout effrayée, demander la paix. Julien discuta leurs propositions, exigea quelques conditions de plus que celles qu'on lui offrait, et renvoya les députés chercher de nouveaux pouvoirs, en leur laissant croire qu'il les attendrait. Dès qu'ils furent partis, il fit passer la Meuse à sa cavalerie avec Sévère, et lui-même arriva sur leurs derrières avec la rapidité de l'éclair. La soumission des Saliens suivit immédiatement. Ils se rendirent avec leurs biens et leurs enfants^. Julien leur assigna un territoire pour leur habitation, avec l'obligation de fournir un corps de milice pour la cavalerie romaine. Une autre tribu franque, les Chamaves, sentit aussi le poids de ses armes foudroyantes. Un barbare établi sur le territoire de Trêves et qui portait le nom de Charietton,