s. Grég. Naz. Or., iv, 5î
sincères (ils étaient nombreux dans Tarmée) , rhorreur du joug tyrannique de Constance était extrême ; et, par cette disposition naturelle qui fait toujours oublier le mal passé pour ne penser qu*au mal présent, un maître étranger à rÉglise leur paraissait peut-être moins à craindre qu*un chrétien qui voulait en êlre le tyran. Ils espéraient beaucoup de la douceur de Tesprit de Julien ; et, au pis aller, ils redoutaient moins encore d'être persécutés qu'asservis. L'événement se passa donc sans bruit, tout le monde s'entendant par instinct pour n'y pas donner trop d'éclat. S'il y eut des protestations, elles furent . silencieuses : s'il y eut des murmures, ils circulèrent voix basse ; et Julien pouvait écrire à son ancien maître^ Maxime, avec un transport d'enthousiasme :
a Yous apprendrez avec joie que nous avons de marques sensibles et nombreuses de la protection d€ dieux... Aussi nous les adorons sans crainte et à visa^ découvert. La masse de l'armée qui nous environ^Hie partage notre piété : nous sacriGons publiquemeinmf. Nous avons offert aux dieux de nombreuses hécalomb-^^i^^ en reconnaissance de leurs bienfaits. Ces dieux me tc/^ mandent de vivre saintement autant que je le pui^^ et je leur obéis d'un coeur empressé. Ils me promettent de grands fruits de mes peines, si j'agis avec diligence *. »
Ce n'était pas la seule lettre qu'il écrivît dans ces scfli/ments. Tandis qu'il s'établissait à Naisse avec tout l'appareil d'un souverain, rendant la justice, réparant, souvent