‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 199 sur 321 · IV. IJ · texte numérisé non relu

IV. IJ

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Pour âe reposer de cette îDireciiTe et se consoler de si tristesse 9 Julien entreprend» avant de finir, de tracer Ini-mème le modèle d'une fable honnête portant avec elle sa moralité. Celle fable ^ c*est sa propre histoire, à peine déguisée par le voile d'un gracieox apologue. Il y eut une fois nn homme riche qui possédait beaoooop de troupeaux et de serviteurs y mais il négligeait le culte des Dieux. Il eut beaucoup d'enfants de plusieurs femmes; il leur laissa son bien, sans prendre le soin de le partager. Ce fut un sujet de grande division entre eux; ils se querellèrent^ se tuèrent Tun l'autre , dévastèrent le foyer et le sanctuaire paternel. Jupiter, voyant ce désordre , poussa le Soleil qui gouverne la terre à en faire justice. Par un reste de pitié, cependant, leDiea suprême, le Soleil et les Parques, tenant conseil enire mm eux, résolurent d'épargner seulement, de tonte œtt^s race, nn jeune enfant, parent obscur et éloigné du pftre de famille. Cet enfont grandit sous la tutelle de Minerve et d'Apollon. Un jour qu'il s'était assoupi, en pl«n air, sur une pierre. Mercure lui apparut dans son sommeif, sons la forme d'un jeune homme de son âge : « Viens, loi dit-il, je vais te montrer le chemin qui conduit h la demeure du père des Dieux. » Pnisil le mena jusqu'au pied d'une grande montagne et l'abandonna. L'enlant, éperdu, se mit à invoquer Jupiter, et alors le Soleil et Minerve descendirent près de lui, et, le conduisant sur un point élevé, lui montrèrent tout l'héritage de sa faniille dévasté par des serviteurs infidèles, pendant que

le maître était plongé dans un lâche sommeil. Ils lui annoncèrent que tout cela lui appartiendrait , mais lui firent trois recommandations : de ne pas dormir comme son parent , de ne pas céder aux avis do mercenaires adulateurs, de n'honorer que les Dieux et ceux qui leur ressemblent. « Souviens-toi aussi, lui dirent-ils en le quittant y que tu as une âme immortelle» d'essence divine» et que» si tu suis nos avis, tu seras dieu comme nous et tu jouiras de la vue de notre père *. »

Malgré cesderniersmols, pleins encore d'une orgueilleuse confiance , le doute, on s en aperçoit, s était glissé dans cette âme ardente. Ou voit poindre dans ces paroles le sentiment qui allait troubler sans relâche les jours de sa courte existence : l'irritation de se retrouver impuissant au sein du pouvoir absolu. M les légions de Julien, ni son éloquence, ne pouvaient faire briller une étincelle de vertu sur les cendres éleinles du paganisme. Malgré ses dédains affectés , le philosophe désenchanté commençait à tourner avec une secrète envie ses regards vers ces solitudes chrétiennes où , chaque jour, des mil- . Uers d'hommes inconnus de la terre couraient dompter la nature et braver le monde, sans offenser la pudeur.

Ce qui devait rendre le contraste de plus en plus visible à tous les yeux, et plus poignant pour Julien, c'est que, pendant que le retour de la faveur mettait <i^n8 tout son jour la misère des débris du paganisme ,

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