‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 211 sur 321 · Soc, II, 38; III, 11. — Soz., V, lo · texte numérisé non relu

Soc, II, 38; III, 11. — Soz., V, lo

ses aveux, lliorreur de son supplice, tout concourut à en faire aussitôt le héros de toutes les imaginations chrétiennes. Sa faute, si c*en était une, disparut devant la générosité de ses motifs et Ténormité de son châtiment. Les magistrats de Julien n'avaient vu que la loi violée; les peuples ne virent que la foi vengée *.

Des scènes et des cruautés semblables eurent lieu à Mère en Phrygie, où trois chrétiens, accusés d'avoir brisé des idoles, furent condamnés à périr par le supplice du gril. Ils supportèrent jusqu'au bout cette horrible torture, excitant eux-mêmes les bourreaux, quand l'effet du feu avait été suffisant d'un côté, à les retourner sur l'autre face. De telles violences, racontées de proche en proche, répandaient une grande excitation, que Tenaient accroître encore la confiance insolente et les propos outrageants des païens. Au foyer des familles dirétiennes, on se racontait les évoques meurtris, les ftièles livrés aux bourreaux : les cœurs s'attendrissaient, Jes têtes s'échauffaient, et, avant que la persécution fût résolue dans l'esprit de Julien, chacun se préparait à la braver. Ceux-là mêmes qui avaient été çuspects de quelques faiblesses sous le règne de Constance , tenaient à honneur de montrer que leur comphiisance avait ses limites. Un jour que Julien sacri-

i. s. Jér., Chron. — Chron, Alex., p. 590. — Théophane, Chronoffophie, éd. Bonn., 1839, p. 79. L'Rglise a mis Émilien au nombre des saints confesseurs, bien qu'en général l'acte de briser les idoles n'ait pas été approuvé par elle : mais la disproportion d'un si affreux supplice et d'un si léger tort fait de saint Éfnilien un véritable martyr.

fiait en grande pompe au temple de la Fortune, il s'éleva de la foule une voix qui l'interpellait en joignant à son nom les mois d'impie, d*alhée et d'apostat. C'était celle de l'évôque de Chalcédoine, le vieux Maris, un des persécuteurs d'Atlianase, rendu au sentiment de ses devoirs par l'âge et les infirmités. Tout aveugle qu*il était, il s'était fait conduire par la main jusqu'au temple, pour^^

maudire l'idolalrie renaissante. Julien, sans se di'con^

certer, lui demanda d'un ton railleur s'il comptait sus^ son Dieu le Galiléen pour lui rendre la vue. «c Je béni s Dieu d'être aveugle, dit le vieillard, pour ne pas voir un homme entraîné comme vous par le démon de Timpiélé. » Julien eut assez d'empire sur lui-môme pour ne rien répliquer et laisser Maris s'éloigner en paix

Mais il fut moins palienl quand il apprit que l'esprit de résistance s'étendait des particuliers aux villes entières. La capitale de la Cappadoce, Césarée, eut le courage de s'opposer résolùment aux volontés impériales. Klle avait autrefois possédé trois temples dédiés à Jupiter, à Apollon et à la Fortune; les deux premiers avaient péri sous Constance; celui de la Fortune seul subsistait, et c'rtait la déesse préférée de Julien, ^ qui aimait à se croire son favori. La curie de Césarée, ^ presque entièrement chrétienne, choisit le momenU^ j de l'avénemenl de Julien pour déclarer qu'on procé — -= derait à la démolition du temple de la Fortune» et l^^s

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