‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 212 sur 321 · Soc, m, 12. — Suz., V · texte numérisé non relu

Soc, m, 12. — Suz., V

;qui était rigoureiiseineiit dans les droits de puisque les municipalités romaines étaient projlaires des possessions communales) fut èxéculée dans délai. Quand la nouvelle en parvint à Julien, il entra dans une violeiile colère. Supporter les chrétiens se pouvait encore ; respecter leurs usurpations, à la rigueur cela était lolérable; mais les laisser sous ses yeux insulter ses Dieux chéris, c'était plus que sa conscience et son orgueil ne permettaient. Puis une chose le chagrinait particulièrement. Tandis qu'ailleurs, dans des circonstances semblables, les chrétiens n'opposaient que trop de résistance, à Césarée les païens, se sentant les plus faibles, s'étaient cachés, et on n'avait pas entendu parler d'eux. Il éclata en reproches amers : «Où étaient ces lâches, s'écriait-il, et que ne venaientils mourir pour la défense de leurs Dieux? Quant aux Galiléens, ajoutait-il tout en fureur, s'ils ne se hâtent de rétablir ce qu'ils ont détruit, ils perdront tous la vie, et la ville entière sera livrée aux flammes. » La réflexion modéra un peu cette rigueur. On se borna à faire dresser un cadastre exact des terres et des biens de tout genre qui appartenaient aux églises, et à leur imposer une taxe de trois cents livres d'or. Tous les ecclésiastiques furent incorporés dans l'armée et enrôlés dans des régiments de police dont le service passait pour particulièrement humiliant, et tous les chrétiens laïques se virent astreints à la capitation personnelle qui, d'ordinaire, ne frappait que les habitants des campagnes. Il

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n'y eut de condamnés à mort que ceux qui avaient mis la main à la destruction du temple, et, entre autres, un jeund patricien , du nom d'Eupsyque , qui prit raog parmi les martyrs dans la mémoire des fidèles *.

Ce qui excitait principalement rirritation de Julien contre Tinsolence des habitants de la Cappadoce, c*est qu'il y dut reconnaître Teflet des prédications de deux enfants de cette province, dont la réputation naissante lui causait une secrète impatience. C étaient ses anciens camarades, Basile et Grégoire, issus tous deux de Cappadoce, Tun de Césarée même, Tautre de la petite ville de Nazianze, qui n'en était pas éloignée.

Sept années s'étaient écoulées depuis que les trois jeunes gens avaient mis, comme on Ta vu, en commun, pendant un jour, sous le ciel d'Athènes, leurs pensées et leurs études^^ sept années fécondes qui avaient fait du royal exilé d'alors le maître du monde, mars qui n'avaient pas été perdues non plus pour ses deux compagnons. Pour eux, ce n'était pas sur les champs Je bataille, mais sous Tceil de Dieu et au fond du désert, dans un combat acharné coiitre les révoltes de la chair et de la nature, que leur àme et leur génie s'étaient mûris. Julien les retrouvait, après ce temps écoulé, en face de lui, au premier rang de la milice de ses ennemis, prêts à lui résister sur tous les terrains, aussi bien devant le tribunal du magistral persécuteur que

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