Soz., ioc. cit. — Actes de saint Basile dCAnqfre
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un prêtre, sans l'en prévenir d'avance et presque sans le consulter. Vainement, tout épouvanté du poids de cette dignité qui devenait si redoutable dans des temps orageux, Grégoire s'était-il débattu et avait-il cherché, après le sacrement reçu , un refuge pour sa faiblesse au fond des solitudes du Pont. Il fallut se soumettre à la volonté divine, et paraître même dans la chaire pour expliquer ses refus et ses scrupules. Lh, pour la première fois, se fit entendre au public chrétien cette voix qui remplissait les voûtes de l'Eglise comme des sons d'une musique harmonieuse. Il prononça, pour expliquer les hésitations de sa conduite, un discours plein de verve, que nous possédons encore tout entier, et qui est resté comme la description accomplie des devoirs du sacerdoce. Son intention était de montrer combien il avait raison de craindre cette tâche ; mais il ne réussit qu'à prouver combien il était capable de la remplir Insistant sur les périls que faisaient courir aux chrétiens les divisions qui les livraient à la risée de leurs cnnenns : « C'est là ce que je crains, s écriait-il, et non la guerre du dehors, non cet animal funeste ((ui s'est élevé contre l'Église, cet aide qui vient achever l'œuvre du malin. Qu'il nous menace du feu, du fer, des bêles féroces! ûùt-il devenir plus inhumain que tous ceux que la démence a égarés avant lui , dût-il ajouter de plus rudes supplices à tous ceux qu'on a découveris, il n'imporle.
1. s. Grép. Naz., Or. ii, pnsft'm. — Cnnn. fh vitn sun, p. 0113.
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rapprochement des dates, pendant le temps qu'il séjournait en GalatieV II connaissait Eusèbe de réputation, comme un des plus grands ennemis de son gouverne^ ment, et ne put voir dans rémeule qui le portait au trône épiscopal autre chose que l'explosion du sentiment chrétien irrité qui se mettait hardiment sur la défensive. 11 était d'ailleurs, en toutes choses, fort niéconlent de la Cappadoce , comme on le voit par une lettre de cette époque, adressée à un philosophe de ses amis'^. Il se borna pourtant à charger le gouverneur de faire de très-vives remontrances sur le procédé, effectivement irrégulier, qui avait été suivi : « C'est la fln de tout bon ordre, fit-il dire, et un vrai pillage des choses publiques. » Le gouverneur transmit ces représentations, accompagnées de fortes menaces ; et comme il savait que les évôques eux-mêmes n'avaient pas goùlé la pression populaire h laquelle ils avaient obéi, il ne désespérait pas de les amener à casser l'élection. Mais le vieux Grégoire, Tun des prélats électeurs, inspiré par son fils, lui ôta promptement cette illusion : « Illustre gouverneur, lui répondit-il, dans tout ce que nous faisons, nous reconnaissons un juge et un mailre : c'est celui-là même qu'on attaque aujourd'hui. C'est lui qui contrôlera l'élection présente, que nous avons faite d'après ses lois et pour lui plaire. En toute autre chose, si vous voulez nous contraindre
i. s. Grcp. Naz., Or. xviu, 83, 34.. — S. rirégoirc fait une allusion t.T('S-évidcnte au voisinage de renii>ei<Mir, quand il dit : T7.zr,^ i
i. Jul., Ep. IV («'d. Span.), i«. 'Mo.
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par la violence, cela vous sera aisé : mais nul ne nous empêchera de défendre ce qui a été fail comme jusleel légitime. Avez-vous la prétention de faire la loi, là où il ne vous est même pas permis de regarder? » Le gouverneur reçut ce fler défi avec beaucoup d'humeur, menaça d'en tirer vengeance, fit mine même de foire avancer une compagnie d'archers contre l'église de Sazianze. En définitive, rien ne bougea, et on sut bientAt que Julien ne passerait pas par Césarée *. » Tu nous connaissais, Basile et moi, s'écrie Grégoire, et nous foisais honneur, comme le Cyclope honora Ulysse, en nous réservant pour être engloutis les derniers*. »
Julien reprenait en eflct sa route, plus aflligé encore qu'irrité, moins sensible aux offenses qu'il recevait des chrétiens quliumilié de trouver tant de contraste entre leur ardeur et la complaisance, froide et contrainle, de ses amis. Le zèle qui bravait son pouvoir lui inspirait plus de jalousie que de colère : il enviait amèrement à Jésus-Christ ses disciples. Le voyage d'ailleurs s'attristait en avançant, par le mauvais état des campagnes qu'on traversait. La sécheresse avait été fort grande tout l'hiver, et les récoltes manquaient. Il semblait que le cortège impérial fiit partout précédé ou suivi par la famine. Ce fut sous cette impression de découragement maussade, prélude d'une irritation plus vive, que Julien lit son entrée à Antioche, dans les premiei^s jours de