‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 261 sur 321 · Ihid., p. lOo · texte numérisé non relu

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JULIEN PERSÉCLTEUK. 315

vers d'autres cités qui savent encore servir les Dieux avec lui, relever les temples, et môme détruire les sépulcres des impies.

La colère trop visible de Julien ne faisait que montrer plus clairement son impuissance : aussi n'émut-elle guère vivement que les sophistes de son entourage, fort embarrassés du traitement qu'une grande ville, digne de parler grec, faisait subir à leur favori. Ils intervinrent h plusieurs reprises entre les habitants et l'empereur, essayant tour à tour des deux parts TelTet de leur éloquence. Julien était toujours gracieux pour eux, mais se défendait contre leurs arguments avec des ressources infinies d'esprit, et restait très-profondément irrité contre la ville. « Cet empereur, écrivait Libanius à un de ses collègues, en sortant d'un de ces entretiens, n'est pas plus mauvais que vous ne l'avez connu : à vrai dire, il est bien meilleur; car la vertu parvenue à sa plénitude vaut mieux que l'audace irréfléchie du jeune âge... Mes prières ont réussi à délivrer la ville de la famine*, et, môme sans aucune invitation, son bon jugement seul l'aurait amené au même résultat. Mais j'ai voulu essayer de le convaincre que notre ville ne Tavail pas ofl'ensé, et je suis parti sans avoir réussi. C'est un terrible orateur à combattre. Il reste encore beaucoup à faire pour dissiper

1. Cette phrase ferait supposer que Julien avait fini par enlever le maximum mis sur les déniés. Nous n'avons pas d*autres traces de la révocation de cette mesure ; mais il est tri*s-vraisemblable qu'à défaut d'an reirait explicite, rimpossilâiité de l'appliquer la iit toml>er en désuétude.

ces nuages. Je vous appelle pour me venir en aide*. »

Ces paroles ne respiraient plus beaucoup d*enlhoasiasme. Mais tel était déjà, au bout d*un an, le chemin fait dans les esprits, que les amis de Julien eux-mêmes sentaient refroidir leur affection. Bien plus, Constance, naguère si haï, était déjà regretté : le peuple répétait qu*on n'avait rien souffert de pareil aux maux présents sous le règnedu x (clii)et du K(cappa),désignant, sous ces deux initiales, le Christ et Constance, la religion et l'empereur que Julien avait renversés 2. Cette comparaison habituelle, tantôt avec un parent qu'il avait toujours méprisé même avant de le vaincre, tantôt avec le chef illustre de sa famille, dont la renommée légitime l'avait toujours importuné, était au nombre des choses qui rirritaieot le plus. Le souvenir de Constantin lui devint tout particulièrement odieux : il lui semblait qu'il y avait enire eux une sorte de rivalité posthume. Tous deux ils avaient entrepris de faire dans l'empire une révolution religieuse : mais où l'un avait réussi avec éclat, l'autre se sentait échouer misérablement. Constantin, du fond de sa tombe, triomphait encore de son héritier vivant, jeune et tout-puissant. Cette irrilation contre la mémoire de son oncle est visible presque dans chacun des rares documents qu'on rencontre dans le Code Théodosien avec la date d'Antioche et le nom de Julien. Ils ne sont

1. Liban, Ep. 736, p. 352; cf. 758, p. 358, 359. — Le sens de b première de ces deux lettres n'est pas tout à fait clair.

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