Ifjid., p
riger mes mœurs, il ne me serait pas aisé d'éviler la fable si connue du milan qui, fatigué d'avoir une voix semblable à celle des autres oiseaux, chercha à imiter le hennissement du coursier : il perdit .sa propre voix, ne prit pas celle qu'il recherchait, et, privé ainsi de toutes deux, se trouva le plus mauvais chanteur de tous les oiseaux. Si je tentais de me réformer, il m'arriverait ainsi, et de perdre ma ruslicité propre, et de pas atteindre à votre urbanité'... Mais, par les Dieux, s'écrie-t-il enfin avec un accent d émotion visible, par Jupiter, qui protège voire ville et préside à vos assemblées, rendez -moi comple de la haine que vous avez contre moi.Âi-jefait à vous tous, en masse, ou bien à quelquesuns en particulier, un tort que vous ne puissiez accuser tout haut, et dont il vous faille venger par des chansons?... Quelle est la cause de votre animadversion? Je suis certain de ne, vous avoir fait aucun mal : je vous ai loués, je vous ai fait du bien aulant que j'ai pu ; je n'ai rien diminué des largesses que le trésor a coutume de faire, et je vous ai pourtant fait des remises d'impôts. N'aije point résolu là une véritable énigme ? Car il n'est pas possible, croyez-moi bien, que ceux qui ont coutume de payer ne donnent plus rien, et que ceux qui ont coutume de recevoir continuent a tout obtenir » Il termine par une énuméralion chaleureuse de ses bienfaits, et en menaçant la ville de Tabandonner pour se retirer