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jour» même au milieu des camps et du bruiLdes armes. C'est par la réfulation que Tévêque d'Alexandrie, saint Cyrille , croyait encore nécessaire d'en faire au siècle suivant, que nous pouvons arriver à en entrevoir au moins le plan général. Les réponses de Cyrille nous font deviner les arguments qu'il veut combattre. C'est ainsi, du reste, que nous ne connaissons Celse qu'à travers Origène, et l'on ne peut user de telles inductions qu'avec beaucoup de réserve, car un adversaire, quelle que soit sa bonne foi, n'est toujours qu'un traducteur Irès-inexact
Autant qu'on en peut juger à travers ce miroir, probablement insuffisant, l'esprit général du livre était celui-ci : Les raisons données en faveur de l'ulilitc de Dieu sont bonnes, dit Julien, pour démontrer l'existence d'un principe unique et suprême, dont toute essence découle ; mais elles ne rendent point compte de la diversité du monde sensible. Le Dieu unique, immuable, éternel, immobile, n'a pu créer directement des êtres changeants, divers, sujets à s'altérer et à mourir. Si donc l'unité générale du plan du monde prouve l'unité du Dieu suprême, la diversité des pays, des climats, des peuples, prouve aussi la diversité des dieux inférieurs
i. s. Jér., Epist. ad Magnum ronianum orator^m. « JuliaDus Augnstus seplem libros in expeditione parthica adversus Christum evomuit. » — Le marquis d'Argens, l'ami de Frédéric II et de Voltaire, a réani tons les passages de Julien cités par S. CyriUe, et a essayé d'en rétablir le lien; il a traduit et publié !e tout sous le titre Défense du Paganisme par remj)ereur Julien, Berlin, 1769. Getie compilation, enrichie d'une érudition très-superficielle, est sans aucune valeur.
auxquels est abandonné le gouvernement du monde. L'œuvre est comme Touvrier : si un seul dieu présidait au monde entier, tous les peuples seraient, comme lui, éternels et identiques à eux-mêmes. Ils s'agitent et ils passent; donc il y a quelque intermédiaire entre eux et Tunitépure*.
C'est, on le voit, l'argumentation ordinaire de la philosophie alexandrine et l'un des lieux communs de toute philosophie grecque. Julien n'a point inventé le système, mais les développements, les commentaires qu'il y donne, lui appartiennent en propre. C'est principalement au dieu des Juifs qu'il en fait l'application. Suivant lui, ce dieu, dont il ne conteste ni la sagesse ni la puissance, n'est qu'un dieu tout local et tout national -, le dieu du petit peuple Israélite, inférieur de tout point au grand dieu dont Platon et Aristote ont décrit les attributs ^ Ce n'est qu'un de ces dieux inférieurs qui créent des êtres éphémères et communiquent avec un monde changeant. Le tort de Moïse est de l'avoir pris pour le Dieu suprême, et d'avoir contesté l'existence de tous les autres; tort aggravé par les chrétiens, qui bravent, blasphèment, outragent, par de publiques invectives, tous les justes objets de l'adoration dos autres peuples.
De 15, dcins le cours de l'ouvrage, autant du moins
î. s. Cyrille (l'A lexainlrie, Contm .hilinmm, 1. iv, p. 115. 131,1*3. Cet ouvrage se trouve inséré en entier dans retlitioa donnée par>i'iuheiin des (ouvres de Julien.