‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 272 sur 321 · Théo«1. — Rnf. — Soc, htc. cit · texte numérisé non relu

Théo«1. — Rnf. — Soc, htc. cit

D. Les travaux commencèrent par Teilraction des anciens fondements du temple, dont les ruines auraient embarrassé le nouvel édifice. De vastes débris ^ des pans de murailles restaient encore debout. On détruisit tout, jusqu'au niveau du sol, pour tracer les nouvelles fondations. Celte partie de l'opération s'accomplit sans difficultés; mais quand on voulut élever le nouveau bâtiment, Tintempérie de la saison (on était en plein hiver) commença à rendre les travaux très-pénibles. La terre s'éboulait dans les excavations. Un tourbillon de vent très-violent renversa et dispersa les monceaux de plâtre qu'on avait préparés. La nuit, on ressentit plusieurs secousses de tremblement de terre ^.

Hien ne décourageait pourtant les travailleurs : pour éviter de nouveaux accidents, ils creusaient à de plus grandes profondeurs. Mais tout à coup, au moment où les instrument commençaient à enfoncer assez avant dans la terre, de vastes globes de feu jaillirent du sol entr'ouvert et enveloppèrent les ouvriers qui se trouvaient le plus voisins dans un tourbillon de flammes et de fumée. Tous les autres prirent rapidement la fuite, et, dans leur terreur, ils cherchèrent un asile du côté d'une église voisine. Les portes en étaient fermées; ils ne purent réussir à les ouvrir ^

1. 863. ap. J.-G. — Ind. — U. G. 1116. — Julianus iv H Sallustius Coss.

a. Théod. — Ruf. — S. Giêg. — S. Clirys., loc. cit. 8. Théod. — S. Ghrys. — S.Grég. N.iz., Ax'. nt. — Soz., v, «i. — Amin. Maïc, xxiii, 1. \oici le texte t'aïueux (rAmmieii Mai-celliu :

JULIRN PERSÉCUTEUR.

Le premier effroi un peu dissipé , on revint à la charge. Les ouvriers restés saufs redescendirent dans la fosse pour retirer les corps de leurs camarades, ainsi que les oulils qu ils avaient déposés dans une sorte de cave voisine. Une seconde fois, au moment où ils ouvraient la grille de la cave, le feu sortit de la terre et les dispersa. Â trois reprises différentes le même prodige s*accomplit sous les yeux d'une foule immense et épouvantée qui tombait à genoux et poussait vers le ciel des cris de (erreur. L'émotion se prolongea pendant plusieurs jours. A toute heure, surtout pendant la nuit, ou voyait, dit-on, des globes de feu circulant en Tair, qui semblaient dessiner la forme de croix. L'empreinte en demeurait marquée sur les objets voisins et sur les habits des assistants

Après une pareille catastrophe on n'aurait plus trouvé de travailleurs. De gré ou de force, il fallut abandonner l'entreprise, dont il ne resta d'autres traces qu'une démolition plus complèledu temple, et, par conséquent, un acconiplissemenl plus littéral de la prophétie île Jésus-Christ. A la lettre, il n'y avait plus pierre sur pierre. Ainsi se confirma pour jamais la parole divine, par un concours de phénomènes prodigieux, qu ailes- ^ tent également tous les écrivains contemporains de celle

Cum ilaque rei idem fortiter iustaret Alypius, juvarotque prov.ncia rector, nieluoudi glubi flaiimiauim propo fundamenla crcbris assultibus eniiiipeates fecere b>cmii cxuslis aliquoties operaulibus iiiaco'Ssum : hoc(pie modo elomeuto destinatiiis repellente, cessavit inceptiiiû. 1. Kuf. — S. Givu'. Naz., rit, — Th»'»ophane.

JCLIEN PERSÉCUTËrft.

époque» chrétiens» juils et païens, hérétiques et orthodoxes, Ammien Marcellin, tout aussi nettement que saint Grégoire.

Peu de faits de Thistoire sont mieux avérés, quoiqu*il y en ait peu qui aient donné lieu à plus de discussions. Voltaire, il n'y a pas un siècle , déclarait encore avec hauteur que le récit d'Ammien Marcellin était impossible à admettre, attendu que jamais globe de feu ne sortit de la terre ni de la pierre, a et que cela suffisait pour démontrer la sottise de ceux qui y avaient cm. » Les physiciens d'aujourd'hui sont moins positifs, et trouvent parfaitement naturel ce que Voltaire déclarait absurde. Suivant eux, Tinflammation subite des gaz contenus dans des souterrains longtemps fermés suffit à tout expliquer. Plus d'une difficulté pourrait encore être élevée contre cette interprétation, qui ne concorde point exactement avec les textes : mais l'intérêt de la religion n'exige point que nous intervenions dans de tels débats. Il suffit de reconnaître que Jésus-Christ avait parlé, et que sa parole fut accomplie. La nature avait obéi h son souverain. Il importe peu de savoir si c'était en suspendant momentanément le cours de ses lois ordinaires, ou en révélant au dehors par une explosion inattendue quelqu'une des forces mystérieuses qui résident toujours dans son sein *.

1. Voltaire, Dict. Phil., art. Apostat. — Gibbon, chap. xxin, et la note de l'éditeur français sur ce passage. Il faut lire aussi les dissertations de Basnage et de Warburton, Tun pour contester et l'autre pour démontrer le miracle. Le professeur DOllinger, Origine du Christian,^

JULIEN rKHSÉCUTEUR.

Julien» quoique fort déconcerté, fit pourtant bonne contenance, et se borna à dire qu'on voyait bien que rien n*était éternel en ce monde, puisqu'on ne pouvait faire revivre le culte de celui qu'on appelait rËlemel par excellence, et que tous les textes sacrés et tous les prophètes avaient déclaré impérissable Mais ce der nier échec achevait de déconsidérer son pouvoir, et il sentit qu^une brillante et violente diversion pouvait seule lui rendre quelque autorité sur cette société qui lui échappait. Le printemps était venu ; les préparatiCi étaient faits : nul motif ne s'opposait plus à la reprisa de la guerre. Il ne songea donc plus qu'à se mettre en route pour aller attaquer et vaincre les Perses, afin de revenir ensuite mettre au service des Dieux toutes les forces nouvelles qu'il aurait puisées dans la victoire.

C'était une victoire, en effet, et, plus que cela, une conquête qu'il lui fallait. A la rigueur, il eût encore été possible de prolonger la paix , car les Perses, effrayés des grandes démonstrations des Homains et de la réputation militaire de leur général, avaient envoyé par une voie indirecte quelques propositions avantageuses. Mais Julien ne voulut pas les lire jusqu'au bout, et en déchira

vol. Il, chap. 2, in /î«e, i^arait disposé H admettre rexplioation tiw« de l'explosion du gaz iiiflainmablc, tout en ajoutant comme nous qu'elle n'ôte rien au véritable miracle, à savoir l'accomplissement litténi àt la prophétie d»i Jésus-Christ. M. Ed. Dumout, dans son Hi^tnirtmt/i/iinr, fait reniarquor, au contraire, non sans l'ondenient, que ce pçore d'explosion ne peut jamais se rt^péter plusieurs fois dans la in«^Bie caverne, et qu'Ammien est très-positif sur la répétition du phénoffi^ à trois reprises.

Page 1