‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 273 sur 321 · Jul., Frngm. (éd. Span.), p · texte numérisé non relu

Jul., Frngm. (éd. Span.), p

JULIEN PEKSÉr.L'TElIK. 33tt

le texte. Cette fois il désirait une guerre sérieuse» et comptait frapper de grands coups ; de petits triomphes achetés à bon marché et répétés chaque année, comme ceux dont 8*élait contentée si longtemps la vanité de Constance, ne suffisaient ni h son ambition , ni à sa politique. C'était une lutte à mort qu il allait engager entre rhéritier de César et celui de Cyrus. Et pourtant môme, dans sa pensée, ce n'était encore que l'épisode d'un plus grand drame. Dans les plaines de Perse, où il s'avançait entouré de soldats chrétiens, il devait jouer la dernière, la grande partie du paganisme : il allait combattre moins les ennemis qu'il cherchait que ceux qu'il laissait derrière lui. Vainqueur, il pourrait tout se permettre contre ceux-là; vaincu, il n'oserait passe présent ter à leurs regards. Aussi, jamais tant de victimes n'avaient fumé sur les autels; jamais tant de questions inquiètes n*avaient été adressées à tant d'oracles et à tant d'augures. Ammien Marcellin lui-même en sourit*. De leur côté, les chrétiens, quoique prompts à obéir à l'appel militaire et prêts à mourir sous le drapeau, sentaient toute l'horreur de l'alternalive où ils étaient réduits. Les bruits les plus sinistres circulaient sur les intentions de l'empereur au retour de la campagne. Un édit impérial était tout prêt, disait-on, pour interdire aux chrétiens tout commerce, tout droit de plaider devant les tribunaux, ou de pourvoir à leurs besoins dans les marchés publics. Toutes les églises seraient fermées, 1. Amm. Marc, xwi, is. — Théod., Il, il.

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rimage de Vénus remplacerait partout celle de Jésus- Chrisl. Un amphithéâtre allait être construit à Jérusalem avec les pierres préparées pour la reconstruction du temple , et tous les évéques, tous les moines, tous les saints fidèles de la- contrée y seraient livrés aux bétes dans des jeux auxquels, par exception, l'empereur se proposait cette fois d'assister. Toutes ces rumeurs qui parcouraient la foule étaient accueillies avec une entière créance : « Nous étions, dit saint Grégoire, comme des victimes vouées aux démons, et l'héritage de Dieu,/e sacerdoce royal , était réservé pour être le prix d'une victoire. » Les lamentations, les prières, ne cessaient pas dans les églises, ni les jeûnes dans les familles chrétiennes. Âu fond des solitudes , tous les anachorètes offraient le saint sacrifice pour la délivrance de la foi; les femmes visitaient les tombeaux des martyrs et les chargeaient d'offrandes . C'était de toutes parts uoe attente pleine d'angoisse; de quelque coté qu'on regardât, le ciel était sombre, car Tavcnir ne pouvait apporter que la défaite de la patrie ou la ruine de la foi

Les préparatifs de Julien, auxquels il travaillait depuis une année déjà, étaient immenses. Il avait réuni soixantecinq mille hommes, quoiqu'il n'eut pas voulu accepter les offres d'alliance des nations tributaires et voisines. (( Rome, avait-il répondu avec hauteur, n'a besoinilu secours de personne, et tout le monde a besoin du sien.»

i. Soz., V, 18. — Tiiéod., iii, 21. — P. Oroso, vu, 30. — S. Grég. Naz., Or. iv, 90; v, 20, 27.

JDLIEN PERSÉCUTEUR.

Bien plus, par un acte d'un héroïsme presque imprudent, il choisit ce moment même pour retirer aux tribus nomades de Sarrasins qui peuplaient le sud de la Mésopotamie, un subside que, de temps immémorial, on leur payait en échange du concours qu'ils prêtaient contre les attaques des Perses. 11 n'y eut donc d'auxiliaires sous les drapeaux que quelques escadrons de Scythes et de Goths, incorporés depuis longtemps dans l'armée romaine Le roi d'Arménie, Arsace , fut aussi requis de mettre toutes ses troupes sur pied, sauf à attendre les ordres qu'on lui enverrait. Arsace était chrétien comme l'avait été son père; il fallait s'assurer de son concours et se mettre en garde contre sa défection, mais il n'était ni nécessaire ni prudent de lui envoyer des instructions impérieuses, comme fit Julien, rédigées sur un ton très-hautain et accompagnées d'une lettre menaçante, où la foi chrétienne, d'une part, et de l'autre, la mémoire de Constantin et de Constance, protecteurs de l'Arménie, étaient très-injurieusement traitées ^.

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