‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 312 sur 321 · I. libto., Di wita sua, p. 4S; Or. 10, p. SS · texte numérisé non relu

I. libto., Di wita sua, p. 4S; Or. 10, p. SS

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eoeillaient chaque jour beaucoup de oonversioDa analogues. Ces deux saints évéques parcouraient ensemble, par Tordre el avec i*aide du pape Libère, toutes les pnfTÎnces qui avoisinaient les Alpes» exhortant, instruisant. Tersant partout le baume sur les plaies encore saignantes, alrecu^tlant les pénitents ayec cette indulgence peter* nelle qui convient aux âmes sans répudie. Nulle part ih ne rencontraient de résistance dbstinée, et si leur BMssion de paix était entravée par quelques obstacles, ib leur étaient suscités, non par des ArieiB, mais par nn petit nombre d'orthodoxes excités par LncifBr de Cigiiari, et qui, tout enoif uelllis encore dn courage qu'ils avaient déployé dans les temps de pmécntion, lépugnaient à tendre la main aux évéqaea qui avaient Iribli. Libère fut obligé de r<^rimandw asses pobliqnenent cet excès de sèle. Mais cette imprudente exaKalien même prouvait que des jours de triomphe s'ouvraient de nouveau pour la foi de Nicée. Athanase, qui surprenait à regret les mêmes sentiments dans le petit troupeau de Paulin à Anliocbe, se vit pourtant obligé de ménager d'anciens frères d'armes qui lui avaient été fidèles dans des jours de péril, et ne put venir tout à fait à bout de les convaincre. Il se borna à déposer dans les esprits de tous les partis des germes de conciliation qui furent assez lents à fructifier

I. Buf., I, 80.— s. Hil., Fragm , p. 1858, 1859. — S. Bas., B^. ccnT. On voit par cette lettre qu^Athanase, à Antioche, De se sépara point ouvertement de Paulin. Ces ménagements loi éUûeBl imposés par

M- RETOl'K l>B L*AKMKK.

Devant ce retour inattendu de la fortune et de la popularité, les prélats politiques, qui avaient si longtemps manœuvré daus les querelles religieuses, en poursuivant pour but unique le succès de leur ambition, se sentaient fort déconcertés. Pour eux la liberté n'était rien : c'était la faveur qu'ils recherchaient; la disgrâce était, à leurs yeux Ja plus cruelle des persécutions. Trouver du même côté Âthanase et l'empereur, Tenneroi qu'ils avaient juré de perdre et le maitre qu'ils auraient voulu séduire, c'était un cruel embarras. Fallait-il se rétracter ou se retirer? s'infliger le désaveu de tout son passé, ou se résigner à n'avoir point de crédit? se réconcilier avec Athanase, ou rester brouillés avec le prince? Dans cette alternative douloureuse, chacun se détermina suivant que remportait chez lui l'orgueil ou l'ambition. Acace deCésarée, par exemple, digne successeur d'Eusèl)e, ne rougit pas de venir apporter sa signature à la profession de foi catholique rédigée à Antioche. Il se promettait sans doute de ne pas se tenir pour plus engagé par cette souscription que son prédécesseur ne l'avait été par celle qu'il avait donnée au symbole de Nicée. D'autres, plus rebelles, résolurentde tenter un dernier effort sur l'esprit du prince. Tout espoir ne semblait pas perdu : il leur était déjà arrivé plus d'une fois de perdre leur cause en première instance, et de la gagner en appel. Constantin, Constance lui-même, les avaient accoutumés à bien des

le souvenir des luttes que les catholiques d'Autioche avaient soutenaes en sa faveur sous le règne de Constance.

Yariations : bien souvent condamnés aujourd'hui, ils s'étaient vu glorifier le lendemain. Ils pouvaient espérer de Jovien les mêmes retours d'humeur. Et en effet, eo ne lui supposant pas plus de lumières qu'à Constantin, les ambitieui raisonnaient juste : mais ils avaient oublié qu'il avait au moins plus de modestie, et qu'en matière de foi l'humilité est un meilleur guide que le génie.

Quoi qu'il en soit, on monta tout un petit drame pour être joué devant l'empereur. On fil venir d'Alexandrie un certain nombre d'Ariens, et entre autres un nommé Lucius, consacré évêque, après la mort de Georges, par un très-faible noyau d'hérétiques obstinés, mais dont l'obscure nomination n'avait été reconnue au dehors par aucun prélat de quelque importance. On lui donna pour instructions de redire à Jovien toutes les calomnies qui avaient couru contre Athanase depuis près de quarante ans déjà, et qui avaient été tant de fois discutées et détruites, afin de tâcher de l'engager par là à ouvrir une nouvelle enquête. Pour atteindre ce but, au lieu de demander pour eux une audience qui leur eût probablement été refusée, on les plaça en faction à l'entrée d'Antioche, du côté de la porte Romaine, par où Jovien avait coutume de sortir pour aller passer dos revues dans une plaine voisine de la ville. Dès qu'il parut: « Empereur, lui dirent les suppliants, en se jelant à ses pieds, au nom de votre pieté et de votredignité royale, écoutez -nous.— Etquiêtes-vous? dit l'empereur surpris. — Deschrétiens, Seigneur. — Et de quel pays? — D'Alexandrie. — El

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que voulez-vous? — Nous supplions votre puissance de nous donner un évéque. — Mais, reprit l'empereur, je vous ai déjà rendu celui que vous aviez depuis longtemps, Athanase. — II est vrai, Empereur ; mais il y a déjà bien des années qu'il est proscrit et accusé. Constantin, Constance, chéris du ciel, le très-sage Julien, ont trouvé juste de le bannir, d Ces grands exemples auraient peut-être un peu troublé Jovien, qui, dans les légions où il avait vécu, n'avait pu suivre avec beaucoup d'attention l'histoire contemporaine. Mais, par bonheur, à ce moment, un officier de sa suite, mieux informé, se pencha vers lui et lui dit : a De grâce. Empereur, demandez à ces gens qui ils sont. Vous verrez que ce sont les débris du parti de ce méchant Cappadocien Georges, qui a mis la discorde partout où il a paru. » Jovien, profilant de l'avis et remis de son trouble, dit en riant aux pétitionnaires : « S'il y a vingt ou trente ans qu'on l'accuse, c'est une trop vieille accusation. » Puis il passa outre au galop et les laissa tout déconcertés * .

Mais ils n'avaient pas fait un si long voyage pour se laisser rebuter par un premier échec. Ils insistèrent, assaillirent les abords de la cour, s'adressèrent aux eunuques, à l'évéque Euzoîus, demandant à être entendus et à pouvoir exposer tout au long leurs griefs. D'un autre côté, le bruit de leur démarche s*étant répandu à

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