‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 318 sur 321 · A mm. Marc, xxvi, 4. — Zos.. iv · texte numérisé non relu

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était à l\jftuvre pour compremlre les deux frères dans un même panégyrique. Jamais les rapides évolutions de la politique n'avaient imposé tant d'ouvrage à la rhétorique. Mais cette fois la matière était belle et semblait puisée dans les lieux communs du métier. Le discours deThémistius intitulé : Aux deux frères qui s'aiment ^ eut pour sujet le mérite de l'amour Traternel, dont le trône donnait ce jour-là la parfaite image. Entre l'empereur que l'amour a créé et celui que les soldats ont fait, l'orateur a peine h choisir. « Il est si beau de devoir la couronne au suffrage de ses concitoyens, mais si touchant aussi de la devoir à la tendresse d'un frère. Il est si généreux de faire part de la moitié de la puissance, et si courageux d'accepter la moitié de la responsabilité. 0 Jupiter, conserve pour la république ce char attelé de deux nobles coursiers »

Il fallait procéder au partage de l'empire. Valentinien, jusqu'ici commandant toujours, comme s'il était seul maître, se réserva hardiment le lot le plus périlleux; il choisit l'Occident et se disposa à partir pour les bords du Rhin, se flattant d'effacer les exploits de Julien, dont il emmenait avec lui les meilleurs officiers. Il laissa à Valens, avec les serviteurs de Constance, le soin de gouverner l'Orient, dont le repos semblait assuré pour longtemps aux dépens de l'honneur. Mais , pour l'éclat comme pour la sécurité des deux

i, Themist., Or. vi, in fratret amantes, passim, IV,

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eoors, il était néciièaire de doubler tom les emploto» et m tniliee dè cé oMMitenient de malirtioi» et dé homiilations de toute eqpèœ, plus d'une tentathre fut ^tiHe pour entretuer (és empereurs dans une voie de réactiOD poUiiqueét relîgieMe;Valeiitiiiien^ d'un naturel aam êoapçeiIMMQt» toratt flkrileinent oédé i iea prête»* tiottSi^ mm les âVirtîaseairats du préM Sallmrte qui^ eu flM||lbDt les ehrétieiis dans des jours de périit STait aèquts le drpit de ptaidci* aujom*d'liai pour ssa propres ooreligionnures. Sâiluste fut écouté, et personne ne ferdit sa friaoe oniqueRient pour cause politique. Après ce dernier service rendu à sa patrie, œ Tortueuf vieillard résigna un pouvoir devenu trop pesant pour son âge. Les deui empereurs se rendirent à Sirmium, y reçurent en oommun le consulat pour rannée suivante, pois se séparèrent pour ne plus se revoir.

Une nouvelle Camille impériale était fondée , et la grande révolution que nous avons entrepris de raconter arrivait, en même temps, à sa troisième et dernière phase. Avec Constantin, en effet, le christianisme avait vaincu plutôt que régné ; il s'était assis sur le trône plutôt qu'il n'avait transformé et pénétré TËtat. Entrer en conquérant dans une place qui capitule, ce n'est point encoie soumettre les populations aux luis, encore moins aux mœurs du vainqueur. L'empire était dompté, mais non changé. Un seul règne, quel que fut son éclat, un seul homme, quel que fût son génie, n'avaient pu suffire à une telle tâche. Malgré la multiplicité de ses eiTorts

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(^lait à l'(jHUvre pour compremlre les deux frères dans un même panégyrique. Jamais les rapides évolnlionsde la politique n'avaient imposé lanl d'ouvrage à la rhétorique. Mais cette fois la matière était belle et semblait puisée dans les lieux communs du métier. Le discours deThémistius intitulé : Aux deux frères qui s'aiment , eut pour sujet le mérite de Tamour TraterneK dont le trône donnait ce jour-là la parfaite image. Entre l'empereur que l'amour a créé et celui que les soldats ont fait, l'orateur a peine à choisir. « Il est si beau de devoir la couronne au suffrage de ses concitoyens, mais si touchant aussi de la devoir à la tendresse d'un frère. II est si généreux de faire part de la moitié de la puissance, et si courageux d'accepter la moitié de la responsabilité. 0 Jupiter, conserve pour la république ce char attelé de deux nobles coursiers »

Il fallait procéder au partage de l'empire. Valentinien, jusqu'ici commandant toujours, comme s'il était seul maître, se réserva hardiment le lot le plus périlleux; il choisit l'Occident et se disposa à partir pour les bords du Rhin, se flattant d'effacer les exploits de Julien, dont il emmenait avec lui les meilleurs ofliciers. Il laissa à Valens, avec les serviteurs de Constance, le soin de gouverner l'Orient, dont le repos semblait assuré pour longtemps aux dépens de l'honneur. Mais, pour l'éclat comme pour la sécurité des deux

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riiifinie variété de ses symboles, à la sublililé de ses dislinctioiis mélaphysiques. Sous le vèteraeiU des Ccitéchumènes, elle garde Tair el racceril de Técole. Mais considéré dans son rôle politique, l'Arianisme n*est qu*une transformation du vieux despotisme romain qui, désespérant d'écraser TÉglise, consent à s*allier avec elle, en se promettant de l'asservir. Il marche environné de licteurs, il aime le faste des cours ; il dogmatise par voie de fornHile juridique et d'édit impérial ; il a le geste et le ton du préleur romain. Arius, c'est Porphyre qui s'est fait prêtre pour pénétrer dans le sanctuaire. Constance, c'est Dioclétien qui consent à recevoir le baptême pour demeurer souverain pontife.

L'ennemi, ainsi déguisé, est plus dangereux ; mais à l'épreuve, il se trouve bientôt également frappé d'impuissance. Un homme le démasque, et, en le nommant, le fait évanouir. Alhanase sauve des pièges de la cour et de récole la pureté du dogme et l'indépendanco ecclésiastique. Au plus fort de ce connil, qui n'emploie pas moins d'un quart de siècle, un auxiliaire inattendu lui esleuvoyé. Julien lui vient en aide en donnant l alorme à tous les chrétiens et en réunissant contre un péril commun tous ceux qu'égarait la science ou qu'enivrait la prospérité.

Alors le dessein de Dieu sur le monde peut être repris sans interruption ; de toutes parts des ouvriers vont s'élever pour y travailler. Déjà un essaim de génies originaux el puissants sont nés dans l'Église, el vont faire

lion a Rome vieillie d'une littérature nouvelle, supérieure par la pensée, sinon pnr la forme à sa grande école classique. Sous le souffle de leurs inspirations, le christianisme achèvera de s'insinuer dans tous les pores, de circuler dans toutes les veines de la société romaine. En même temps, Tempire ébranlé trouvera pour la dernière fois un capitaine habile et ferme pour lui confier sa destinée ; et cette main un peu rude, par un procédé sommaire que l'Église n'avait jamais réclamé, transformera tous les dogmes en articles de code et prêtera à l'Hvangile entier force de loi. Le monde ainsi renouvelé dans sa substance intime, autant que dans sa forme extérieure , tout imbu et tout armé de christianisme, pourra désormais attendre sans trop d'effroi l'invasion menaçante du flot des Barbares. C'est le dernier tableau qui va se dérouler devant nos yeux et qui complétera cette histoire.

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