III
ATHAN4SB 4 AOHI.
carajet on dernier effort, n envoya en dëputation àion flnère deux évèques, Yinoent de Gapoue et Eaphrate de Cologne» accompagnés d'un de ses généraux, Saiien, chrétien fervent et distingué. Il les chargea d'une lettre très-pressante, qui contenait même, à ce qu'on pense, quelques menaces de recourir à la force, si on méprisait sa prière*.
A D. Les députés , qui arrivèrent è Antiocbe vers les fêles
de Pâques 344 ^, trouvèrent Constance assez soucieux des troubles de son empire. H était surtout fort inquiet de la guerre des Perses, qui s'envenimait tous les jours depuis que le roi Sapor II, parvenu à l'âge d'homme, avait pris les rênes de son gouvernement et déployait à la fois les plus brillantes qualités militaires et la plus violente haine contre la vieille gloire et la nouvelle religion de Rome. Une guerre avec son frère eût été un embarras très-grand, que Constance n'avait nul désir de s'imposer, et il se montra très-manifestement endin à chercher quelque moyen terme pour satisfaire les désirs de tout l'Occident, sans se rétracter aux yeux de ses sujets. Cette disposition pacifique fut assez visible pour causer une véritable alarme aux prélats eusébiens , et ce fut alors que le besoin de raffermir leur Caveur et leur popularité chancelantes leur inspira
t. s. Athan., ad Sol., p. 822. — Soc, il, 21. — Sm., in, — Thôod^ «, 8. — Philost., lu, 12. — Ruûd, i, 19.
S. m aj). J.-G. — U. CL 1097. 1- lAdictka u. — Leontius et SaUustins coM-
on artifice d'une nature à la fois si odieuse et si bizarre» qu'il serait difficile d'y ajouter foi^si le témoignage contonporaîn et toujours yéridique d'Athanase n'était là pour l'attester.
Ils résolurent de perdre de réputation les évêques occidentaux auxquels Constant avait confié ses pouvoirs, et que leur caractère d'ambassadeurs défendait contre toute violence directe. L'évèque schismatique d'Ântioebe, Étienne, successeur d'Euphrone, imagina donc de s'adresser à un jeune débauché de la ville, du nom d'Onagre» et de l'engager à introduire de nuit une femme perdue dans le logis des deux évèques. Onagre se prêta h l'artifice» fit^ marché avec une courtisane au nom de deux étrangers qu'il ne nomma pas» gagna l'un des serviteurs des évèques, et, la nuit venue, la femme fut subrepticement conduite jusqu'à la porte de la chambre où couchait Euphrate de Cologne. La maison était isolée, et un peu en dehors de la ville, au pied de la montagne. Dans les buissons qui l'environnaient on eut soin de cadier des hommes apostés, prêts à accourir au moindre Imiit. La courtisane approcha demi-vêtue de la couche où Euphrate reposait paisiblement dans un premier sommeil. A la vue de ce vieillard endormi et des insignes sacerdotaux épars dans la chambre, elle fut saisie d'effroi et poussa un grand cri. L'évêque» de son côté, se réveilla en sursaut dans un vif mouvement de surprise» puis de colère. Au bruit de leur dialogue entrecoupé» les témoins subornés accoururent; Onagre
lui-même entra comme survenant par hasard, et, élevant la voix, invita tous les voisins à venir contempler le scandale donné par les envoyés d'Athanaseet les missionnaires de l'Occident*.
Mais les évèques calomniés et le général Salien qui les accompagnait ne perdirent pas leur sang-froid. Oi^ donnant de fermer la cour et de faire main basse sur les témoins prétendus, Salien, qui avait pénétré le piège, se rendit directement chez Fempereur et demanda une enquête publique. Cette hardiesse déconcerta Tévéque Étienne, qui était accouru aussi sur la nouvelle et se mettait déjà à l'œuvre pour en tirer parti. Il s'efforça timidement de représenter à Constance le scandale fâcheux qui naîtrait d'un procès intenté contre des membres éminents du clergé. Mais cette charité prétendue, qui fuit la lumière sous prétexte d'éviter le scandale et dissimule la calomnie pour la mieux répandre à petit bruit, ne convenait pas à Tinnocence des évôques. Ils insistèrent pour une interrogation ouverte et une confrontation publique des témoins. Le procès eut donc lieu dans le palais même, et là, d'un commun aveu, la courtisane et les témoins, pressés de questions, désignèrent Onagre comme l'auteur de toute la fraude, dont celui-ci à son tour se déchargea sur l'évêque Ëtienne. Étienne, couvert de confusion, sentit presque de lui-même qu'il ne pouvait plus paraître à la tête du siège métropolitain