‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 45 sur 321 · Vit, Pat,, lib. II, p · texte numérisé non relu

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La vérité est donc toujours au fond de tels récils, quand même les détails et la forme enrestenl parfois douteux

Le progrès et la vie n'étaient pourtant pas tout à fait réfugiés au désert. L'Église militante et mêlée aux populations en gardait sa part. La prospérité avait ses avantages comme ses périls. Bien qu'elle introduisît dans le sein de TÉglisc de dangereux éléments de corruption, elle lui permettait pourtant de donner à toutes les influences bienfaisantes de la charité plus de régularité et d'extension. A Tabri des actes arbitraires du pouvoir, pouvant paraître au grand jour et songer au lendemain avec confiance, la charité chrétienne, jusque-là répandue avec une effusion intermittente, allait faire prendre à ses bienfaits le caractère de stabilité et de persévérance qui s'attache à une propriété durable. Les fondations pieuses de toute nature commençaient à se multiplier autour des églises devenues riches et propriétaires. Ce

1. Voici comment s'explique au sujet de ces prodiges le savant professeur MAhler : «Les récits que l'on a faits de la puissance qu'exerçait Pac6me sur la nature sont très-remarquables. On assure qu'il marchait sans ôtre blessé sur les scorpions ot les serpents, et que les crocodiles lui prêtaient leur dos pour le porter sur le Nil. C'est ainsi que Pantiquitô exprimait sa croyance que, pour les hommes pleinement réconciliés avec Dieu, la nature n'a point d'ennemis. Il faut voir ici plus qu'une fiction poétique : c'est l'expression de la haute opinion que les contemporains et la postérité s'étaient faite de S. Pacôme» (MOhler, Gesammelte Schriften, publiés par I^Mlinger: Ratisbonne, 1840, t. ii, p. 183). Le même MOhler ( Vie tfAthanase, trad. par Cohen. Paris, 1840, 1. 1, p. 307 ) n'hésite pas à croire que beaucoup des détiiils même de la vie de saint Antoine par saint Athanase ont été insérés dans la pens.'e d éiifler les lecteurs plutôt qu'avec un rigoureux scrupule d'pxactitude.

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changement avait pris naissance même avant la liberté de rÉglise. Dès les derniers temps de la captivité et à la faveur des instants de relâche que la persécution laissait aux fidèles, le trésor de chaque église» au début composé seulement des collectes faites dans les familles, avait commencé à s'immobiliser par l'acquisition de quelques biens-fonds; et c'est ainsi qu'on a vu l'édit de Milan ordonner la restitution de tous les biens confisqués aux chrétiens, y compris (et très-spécialement) les propriétés ûutres que les lieux de réunion, appartenant aux corpolations ecclésiastiques ^ Mais ce fonds, encore peu considérable, grossit tout d'un coup, dès le lendemain de In défaîte de Licinius, par la disposition de Constantin qui attribua à chaque église les propriétés des martyrs morts sans testament et sans famille, et par la loi qui permit à tout testateur de disposer de ses biens en faveur des corporations*. A partir de ce moment, l'église de chaque diocèse devint maîtresse de propriétés considérables. Tout prêtre entrant dans son sein lui fit don de ce qu'il possédait; le pénitent, le catéchumène riche, la comblaient de leurs offrandes. De ce trésor commun, une parlie fut consacrée à l'entretien de l'église même, de son culte et de ses ministres; une autre, et la plus considérable, resta la propriété des pauvres. Toutes deux furent remises à la disposition de Févèque ^ Mais déjà, à côté

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