‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 77 sur 321 · Sulp. Sev., Hist. Ecc,, u · texte numérisé non relu

Sulp. Sev., Hist. Ecc,, u

LÀ iKUNfiSSfi Dfi iVLtBM. 221

soit qu'après un effort inaccoutumé d'activité il retombât plus volontiers dans ses habitudes de prudence et de paresse, il suspendit sa marche et pril de nouveau des quartiers d'hiver sur l'extrême frontière de la Pan- Donie. La saison n'était guère avancée, car on devait toucher tout au plus aux premiers jours d'octobre. Il est vrai qu'il fallait maintenant s'engager dans les défilés des Alpes, pour atteindre l'Italie , et Constance pouvait redouter l'effet de la rigueur des frimas sur des troupes habituées au ciel du midi.

Hagncnce fuyait vers l'occident d'un pas plus rapide*. Il rentra en Italie, laissant les débris assez maltraités de ses troupes en garnison dans les places fortifiées des Allies, et ne s'arrêta qu'à Aquilée. II n'osait descendre jusqu'à Rome, où un sourd mécontentement grondait contre lui, et dont les habitants avaient bien accueilli la flotte de Constance aperçue pendant l'été à l'embou* chure du Tibre. L'usurpation vaincue, perdant le pres-^ lige du succès, était frappée à mort. Bientôt elle ne se sentit plus en sûreté derrière un seul rideau de mon* tagnes. Dès les approches du printemps, et malgré un succès partiel obtenu devant Pavie sur l'avant-garde de l'armée de Constance , l'Italie était évacuée. Magnencc, revenu à son point de départ, avait cberché son refuge et concentré ses troupes dans le» Gaules.

1. 35Î ap. J.-C. — U. C. 1105. — Indiction x. — Coostanlius V et Gallas I, coss. — Dans les pays soumis à Magnence^ les consuls furent- Decentius et Paulus.

Constance, paisiblcmenl parvenu et établi à Milan, dictait ses lois à toute la péninsule. Il recevait en même temps la nouvelle que sa flotte avait recueilli la soumission de la Sicile, de TAfrique et de l'Espagne \

Pourquoi s arrôta-t-il encore près d'une année, pour Jouir de ses succès, sans y mettre la dernière main? Pourquoi parut-il peu pressé d'aller chercher dans les Gaules un adversaire qui montrait si peu de confiance dans ses propres forces? Craignit- il dç rencontrer dans cette province, toujours active et remuante, un certain esprit d'indépendance du joug romain, qui lui faisait désirer au moins l'honneur de faire des souverains? Faut-il croire avec les païens Zozime et Libanius, dont la haine infatigable poursuit sur la renommée du fils les péchés du père, que, n'osant s'aventurer lui-môme, il donna le funeste exemple de pousser par de secrètes intelligences les peuplades voisines de la Germanie à venir faire une diversion sur les derrières de son adversaire? Négocia-t-il avec Magnence, comme l'affirme Zonare, par l'intermédiaire d'évôques chrétiens que l'usurpateur avait su gagner à sa cause*? Tontes ces hypothèses repo^e^t prohablcinent sur quelques faits très-simples, mais di'ligurés. Les Germains n'avaient pas besoin d'être excités pour chercher à tourner à leur profit les désordres intérieurs de l'empire. Les évéques

1. Jul., Or., I, p. 69, 70; 2, p. 132, 134. — Zos., II, 53. — Zou., XID, 8. — CocT. Theod,, xv, t. i4, 1. 15.

Page 1