‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 79 sur 321 · s. Athan., ml S' ;/., p. Si8; \^. 874. — Snr., n · texte numérisé non relu

s. Athan., ml S' ;/., p. Si8; \^. 874. — Snr., n

De bonne heure elle était tombée sous lempire des prêtres ariens, qui entendaient particulièrement Tart de subjuguer les femmes. Son goût extraordinaire pour les lettres la rendait plus accessible qu'aucune autre, à un système de religion qui se piquait d'être le produit d'une sage alliance entre la philosophie et la foi. Eusébie se montra, dès le premier jour, favorable aux docteurs ariens; et, sans pousser son époux à des violences qui auraient répugné à sa douceur naturelle, elle contribua à fermer de plus en plus la porte à tous ceux qui auraient pu parler en faveur d'Athanase et de ses amis\ Enfin, pour mettre le comble à cet ensemble de circonstances funestes, le meilleur et le plus intrépide ami d'AtAanase, l'imperturbable défenseur de la primauté romaine et de la foi de Nicée, le pape Jules venait de mourir. Son successeur. Libère, prêtre d'une irréprochable pureté de mœurs et d'une piété fervente, ne paraissait pas doué au même degré de cette sagacité

1. La date du marîago de Constance et d'Euscbie est déterminée par ce fait que, pendant la guerre avec Magnence, cet usurpateur, comme on l'a vu, lui offrit sa fille en mariage, tandis que, deux ans apn^s la victoire, on trouve Eusébie, dans ses rapports avec Julien, en possession déjà ancienne du trône. Julien dit, du reste, que Constance l'épousa après ses triomphes ( Or., 3, p. «03-206). Cest également Julien, dans un panégyrique fait à dessein pour elle (et où se trouvent, au milieu des banalités du genre, quelques traits touchants,) , qui nous a peint son caractère, son affection *pour ses parents, son goût des lettres (p. 216, 217 et suiv.) Ammien Marcellin (xxi, 6) dit d'elle : Corporis moiumque pulchritudine pluribus antistante et in culmine tam celso hiimana. Aurèle. Victor (Epit. 42) en parle moins avantageusement. Ou verra par diverses circonstances (ju'elle était entièrement dévouée iiix Arieus. Théod., ii, 16.

et de cetle prudence, nécessaires à tous ceux qui sont appelés à gouverner, même TÉglise de Dieu. Sa foi pure et courageuse ne devait pas suffire pour le préserver de toute illusion d'esprit et de toute faute de conduite. Assez ferme pour ne fléchir devant aucun péril, il n'était pas également sûr de ne tomber dans aucun piège,

Iw'orage le plus menaçant grossissait donc sur la tôte des orthodoxes d*Orienl, et du primai d'Alexandrie. Atbanase, avec sa perspicacité accoutumée» avait près* senti ces périls de très bonne heure, et, devinant les im* putations dont il ne pouvait manquer d'être Tobjet dans toute lutte engagée entre TOrient et l'Occident, il avait donné, dès le premier Jour, beaucoup d'éclat aux témoignages de son sincère attachement à la race de Constantin, Prières publiques, services funèbres pour la mémoire de Constant, vœux pour le succès des armes de Constance, il n'avait négligé aucun moyen de foire voir que le zèle des orthodoxes égalait celui des héré* tiques*. A son exemple, tous les évoques fidèles à la foi de Nicée avaient redoublé de témoignages d'obéissance et de patriotisme ; et c'est ainsi que Cyrille, nouvellement élu évôque de Jérusalem, à la place de Maxime, ayant reconnu dans le ciol, peu de temps après sa pro-

!. S. Athan., Apol,, p. 678, 679. — Ce fut pendant cette crue, suivant Tillustre bénédictin, éditeur d'Athanase, que fut rédigée U pièce qui, dans les œuvres du prélat , porte le nom de Seconde apologie. Elle fut, toujours au dire do Montfaucon, portée à Gonstanee par une députation de cinq évèques envoyés à Milan pendant le ié> jonr qu'il fit dans cette capitale. — Soi., iv, 9. — Nous avons négligé pes dét lils sans intérêt qui auraient mis de la confosion daai le réeit.

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motion, une croix lumineuse asses semblable à ce qu'on raconlail de la fameuse apparition du Labaruro, n'avait pas perdu un jour pour en faire part à Constance, comme d*un heureux présage de victoire. La lettre était arrivée peu de temps avant la bataille de Murse; les termes de cette pièce que noua possédons encore, respirent la plus chaleureux dévouement \ Âthanase, d'ailleurs» connaissait aussi bien les faiblesses que les passions de GoDslance : il savait que ce souverain» pusillanime bien qu'impérieux^ hésiterait longtemps avant de le faire arracher de son siège par la force, et de braver ainsi le mécontentement de populations turbulentes. Il avait eu la preuve manifeste de cette timidité par plusieurs lettres que Constance lui avait écrites pendant l'expé^ dition, dans des termes amicaux» très^ontraires à sa pensée connue» et évidemment destinés à prévenir toute émotion populaire^. Son parti fut donc pris sur-le^ champ» de ne quitter son diocèse sous aucun prétexte» de rester inébranlable à son poste, et d'y défier la colère de tes ennemis.

Cette résolution ne tarda pas à être mise à l'éprouve. Peu de mois après la soumission do la Ganlo, un officier du -palais, nommé Montan, arrivait à Alexandrie, por*

1. s. Cyrille de Jérusalem, 0pp. p. 354, 35S.—Soz.,iv, 5. —Plusieurs écrlvaing postérieurs, entre autres Philostorge ( m, S6), et la Chronique n^lexandrine, p. 5i0, placent celte apparition le jour même de la bataille ûe linrse, et supposent qu'elle fut visible pour les combattants. Mais saint Cyrille dit expressément qu'il la vit le 7 mai, «H la bataille de ^urse est du 28 septembre.

S. AUian., ad Sol,, p. 824, 825; Apoi,, p. 67M80.

232 LA JEUNitissii: de julien.

leur à la fois d'une lettre impériale pour le primat, et des ordres nécessaires pour préparer son départ. £n étudiant avec soin la lettre, Âthanase s'aperçut, non sans surprise, qu'elle ne contenait point un ordre positif, mais simplement une permission de se rendre à la cour. L'empereur, lui accusant réception d'une demande qu'il n'avait pas faite, l'autorisait à quitter son diocèse et à se mettre en roule avec tous les honneurs dus à son rang. Athanase avait sans doute trop d'habitude des cours, pour ne pas comprendre ce que signifiait ce détour. En toute autre circonstance, il eût bien deviné que l'empereur voulait s'épargner l'impopularité d'un ordre exprès , et désirait être obéi avant d'avoir commandé. Mais il ne se crut point obligé, cette fois» à tant de finesse, et il pria respectueusement l'ofQcier de répondre de sa part à l'empereur qu'il le remerciait sincèrement d'une faveur qu'il n'avait pas sollicitée ; mais qu'il ne voyait en ce moment aucun motif pour s'éloigner de son diocèse et venir importuner par sa présence inutile la piété de son souverain. £n même temps, pourne pas donner sujet d'accuser sa mauvaise volonté, il faisait tenir toutes choses prêtes pour partir sans délai, si l'ordre explicite lui en était donné ^

A peine le messager impérial étail-il parti, porteur de celte réponse, qu'une autre invitation, plus difficile encore à éluder, lui arrivait de Rome même. C'était le

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