‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 96 sur 321 · Amm. Marc, xv · texte numérisé non relu

Amm. Marc, xv

sar l'empire, il était natarel de supposer que Julien en avait été le confident et en denieurait Théritier. Mais tel était le caractère singulier, telle était la réserve impénétrable du jeune homme, qu'en soumettant la conduite qu'il avait tenue pendant les deux années du règne de son frère à la plus malveillante investigation, il n'avait été possible d'en faire sortir aucun indice suspect sur lequel le génie inventif des Eusèbe et des Paulla-Chalne pût bâtir une conspiration. L'enquête, en effet, avec quelque soin qu'elle fût poussée, n'avait pu produire que les faits suivants :

Pendant toute la durée du règne de Gallus, Julien n'avait vu son frère qu'une fois. C'était en 353, à Constantinople, au moment où le nouveau César allait prendre possession de son pouvoir. Julien lui-même n'était dans cette ville qu'en qualité de simple étudiant, avec la permission expresse de Constance V Depuis, il avait écrit très- rarement à son frère, et seulement des lellres de peu d'importance Dans les écoles qu'il fréquentait, il avait mis le plus grand soin à ne se distinguer en rien des autres élèves, n'étalait aucun faste, ne redonnait aucun air de prince'. Son extrême ardeur pour les lettres, où il réussissait à merveille, sa passion pour la rhétorique, semblaient l'absorber exclusivement, la vérité, quelques-uns des sophistes qu'il fréquentait

^mm. Marc, xv, 2. — Soc., m, 1. — Liban., Or., 10, p. 264. Jttl., ad Athen.y p. 502.

Liban., ib., p. 263.

et qu'il comblait de ses libéralités, exaltaient beaucoup son mérite; et il leur arrivait de dire que ce jeune homme était digne de Tempire et ressemblerait à Marc- Aurèle. Mais Julien ne paraissait pas avoir jamais autorisé de pareils propos et rien ne permettait d'y voir autre chose que le langage de gens flattés de l'estime d'un prince, qui désiraient probablement occuper auprès de lui cette place de confident, que Fronton avait jadis remplie auprès du fils d'Antonin. Pour plus de prudence, l'Empereur, qui se faisait rendre compte de tout, avait bientôt jugé convenable d'ordonner à son cousin de quitter Constantinople, où il était trop en vue, pour le séjour plus modeste de Nicomédie, et le jeune homme ; s'était soumis sans la moindre résistance*.

Des soupçons un peu plus sérieux s'élevaient à la vé — rité sur la sincérité de sa foi chrétienne. Son goût sB prononcé pour les lettres, et même pour la philosophis profane, cette étude constante à laquelle.il se livrai V sur les œuvres de Virgile, d'Homère et de Cicéron , cette préférence des modèles classiques aux grands maîtres de la chaire chrétienne, tout cela pouvait faire supposer qu'il avait peu de goût pour le culte qui avait interrompu la grande tradition de l'éloquence et de la poésie antiques. Mais, toutes les fois que des inquiétudes un peu graves avaient été exprimées à ce sujet, Julien avait trouvé moyen de les détourner par quelque acte de foi Irès-

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