‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 108 sur 324 · s. Atlian., ApoL,-^, C93; ad Sol,, -g · texte numérisé non relu

s. Atlian., ApoL,-^, C93; ad Sol,, -g

lion. « Qu'est cela? disait-on de toutes parts ; Tempcreur est-il donc décidément hérétique? ' »

Il fallait pourtant bien se procurer quelques auxi-

liaires, pour ne pas avoir Tair d'agir exclusivement par la force et sous Tinspiration d'un seul parti. Ce fut encore cette fois aux païens qu'on eut recours, et Tarlifice employé par l'envoyé de Constance , pour les enrôler à son service, sans avoir l'air de s allier avec eux, fut singulier. Il fit venir les principaux d'entre eux, ceux qui étaient sénateurs et magistrats de la ville, et leur déclara, d'un air d'autorité, que l'empereur se proposait de fermer tous leurs temples et d'abattre leurs idoles ; mais que leur obéissance empressée,dans unecirconstanceaussi grave, îoe Texpulsiôn d'Athanase pourrait leur faire trouver îràce. La menace n'était pas sans vraisemblance, car on savait que Constance, par un double jeu qu'ont mis en pratique plus d'une fois les oppresseurs de l'Église, pour paraître en même temps ses protecteurs, annonçait l'inlention d'imposer la foi chrétienne à tous ses snjels. Peu de temps même aupartvant, sous les yeux ^'Alhanase, un ordre impérial avait prohibé la solen- "'lé publique d'une grande fête de l'ancien culte natio- "^'^ Les païens, très-indiiférents sur le fond de la question soulevée par Arius, mais plus ennemis d'Athanase qnedetout autre, ne pouvaient hésiter à se racheter à

' s. Alhan., ad Sol., p. 846.

^•^z., IV, 10. — On ne sait à quelle époque se place Tanecdote •^^PPortée par cet historien.

si bon marché. Ils promirent donc toule espèce de concours, et, pour commencer, des jeunes gens envoyés par eux firent invasion, peu de jours après, dans une église où le peuple était assemblé. Ils entrèrent armés de pierres et de bâtons, chantant des vers obscènes, insultant les femmes, battant les vieillards, brisèr^t Tautel qui était de bois, déchirèrent les voiles de la tenture, et firent du tout un grand feu sur la place, qui s'étendait devant l'église. « Victoire ! s*écriaient-ils dans leur ivresse, ariens et Grecs ne sont plus qu'un, et Constance va reconnaître nos mystères. » Ils amenèrent, même dans l'église le nourrisson d'une vache et se mettaient en devoir de le sacrifier, quand on fit remarqueir que c'était une génisse, et que la religion du pays ne permettait de sacrifier que des mâles. Grâce à ces violences, les égi.ises furent bientôt vides et prêtes à recevoir sans difliculté le successeur hérétique d'Atbanase *. Car c'était là, en définitive, qu'on en devait venir, et l'on ne savait trop quel serait l'homme assez hardi pour recueillir l'héritage ^qui avait si mal profité , dix ans auparavant, entre les mains de Grégoire. L'épreuve tenta pourtant l'ambition d'un des compatriotes de l'usurpateur précédent, Georges, originaire comme lui de Cappadoce. C'était un homme de basse extraction, fils d'un foulon , dit Ammien-Murcellin -. Les écrivains eceié-

1. s. Athan., Ib., p. 848. — ÈXipv : âXÂTiv 'YS'Yovi Ka^varflcyrtoç, xoi tX ÀpiAvct Ta Tioûv imynùQic^'*.

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