‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 111 sur 324 · s. Athan., ApoL, p · texte numérisé non relu

s. Athan., ApoL, p

tinelles, les vaisseaux qui entraient au port ou en sor* taient soigneusement fouillés ^

On avait beau chercher, on ne trouvait rien. On commençait à dire, soit qu*Alhanase était mori, soit qu*il avait su, par des arts magiques, se rendre invisible^. Des couvents de-la ville, il était nnlurd dépassera ceux du désert. Le monastère de Tabenne Tut un des premiers qu'on visita. Telle était pourtant la vénération qu'inspirait ce pieux établissement à tout le pays, qu*on n'osa pas s'y prendre avec la brutalité ordinaire. Un olBcier d'un grade élevé, accompagné d'un prélat arien et d'une bonne garde d'archers, remonta le Nil pour aller lui-même faire l'inspection. En l'absence de Théodore, successeur de Pacôme, c'était un moine du nom de Psarphiasqui était chargé de la direction. « Atha- ■lase n'est-il point parmi vous? demanda Tofficier : nous «vons ordre de l'empereur de le chercher el de l'emmener. — Athanase est notre père, répondit Psarphias; oous l'aimons et le reconnaissons comme tel, mais nous Ae l'avons jamais vu. x On lui ouvrit toute la maison, 4u'il put fouillera son aise, et où il ne rencontra aucune d^ce du fugitif. En entrant dans l'église, il trouva les Moines assemblés qui faisaient roffice : « Priez pour ^oi, leur dit-il. — Nous ne pouvons prier avec les ^mis d'Arius », dirent-ils unanimement : et ils le lais-

1. s. Athan., ad Soi, p. 849. — Soz., iv, 10. — Tliôod., ii, 4. — Ce dernier auteur dit que Constance avait mis la tète d'Athanascà piix. ^1 n'y a rien de semblable dans la lettre d 'Athanase.

î. Soz., loc. cit.

330 LA PERSÉCUTION ARIBNNE.

sèrent dans l'église, d*où il sortit tout troublé, racontant qu'il avait eu des visions efirayanies de la colère d6 Dieu*.

L'instinct pourtant l'avait bien guidé, et c'était dans une de ces retraites du désert que vivait, sous l'humble vêtement du moine , l'homme qui mettait le monde entier en rumeur. Après la nuit du 5 février» les amis d'Athanase l'avaient emmené précipitamment hors de la ville, et caché dans un des premiers couvents qu'ils rencontrèrent. Il n'y voulait d'abord pas séjour* ner. Son dessein, vainement combattu par ceux qui l'entouraient, était d'aller trouver l'empereur à Milan, et de demander publiquement justice, a L'empereur, disait-il, m'a donné sa parole de me protéger toujours. Il ne peut avoir oublié à ce point ses serments : c*cst à moi de les lui rappeler. » Dans cette pensée, il s'était déjà mis en route pour se rapprocher du bord de Ja mer et chercher quoique lieu écarté où il pût s embarquer. Il s'avançait prudemment, d'asile en asile, toutes les maisons des chrétiens fidèles s'ouvrant devant lui pour lui servir de refuge-. A chaque pas, on lui apprenait quelque violence nouvelle de ses adversaires : il voyait arriver tout en larmes les fugitifs d^Alexandrîe.

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