‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 123 sur 324 · MarceUiui et Faustini Libelius precum, p. 25. * Hist toc · texte numérisé non relu

MarceUiui et Faustini Libelius precum, p. 25. * Hist toc

LA PIR8BCUTI0N ARIBNNI. 355

s'éloignait d*Italie, du côté deTOccident, plus la résistance était prononc(^e. Le vieil Osius, bien que déjà affaibli par Tàge , et assailli chaque jour d'instances et de menaces qui ébranlaient son intelligence obscurcie , tenait encore réunis autour de lui les évèques d'Espagne*. Enfln, en Gaule, un athlète plus jeune venait de se lever tout à coup du sein du paganisme, et consacrait à la foi du Verbe une ardeur mûrie par la réfleiion et l'étude. Celait Hilaire, noble de Poitiers, récemment converti h la foi chrétienne, puis promu à Tépiscopat de sa ville natale, après une jeunesse passée dans la culture des lettres et dans les jouissances honnêtes de la vie du monde *•

Hilaireétoit animé pour ladivinilé du Yerbed'une sorte de passion, née de la reconnaissance personnelle; car il devait à celte croyance inefTable le repos d'une intel- %ence longtemps agitée par les doutes d'une philosophie curieuse. Il nous a enseigné lui-même dans ses ^rits toutes les étapes de la voie laborieuse qui Tavait ^^iiduit à ce terme suprême de la foi , et il explique par

i. s. Athao., ad Sol,, p. 841.

%. Le fait que S. H lair^ avait passé ses premières annt^es dans le

l^i^iKSinuiu® re.^sort, suivant n »us, tièséNideiumeDt du récit qu'il fait

X^.mèuie de s;i c^mveision au début du livre de la Trinité , et dont

^^ous allons donner un extrait. L'éaiteur bénédictin paiatt en douter

^«peiitlaiit, sur le téinuignage très-|)08térieui de Fortunat. li est

^i^l^U.'éde sup|>'*8er que le début du livr** de la Trinité csl ane sup|0-

^iUoQ faite à pLiisir par S. Hilaire. Nous ne voyons rieu quianiorise

oeUe hypothèse; et au contraire le texte de S. Augostin, cité par œ

YBâme éditear, et qai compte S. Hilaire parmi les docteurs qui oat em-

;pQCté les tiéson d'Egypte en Isradl^ confinneropinioD U plu BatutUi.

là même le dévouement sans bornes qui devait remplir toute sa vie. Jeune encore, riche, père d*une fille qu'il adorait, placé au premier rang de cette noblesse des Gaules qui brillait par le savoir autant que par Télégance et la politesse, il avait un jour senti s*élever du sein de sa conscience une redoutable question. Quel était le but de sa vie? Suffirait-il de la laisser couler doucement dans l'opulence tranquille qui l'environnait? Vivre pour jouir, n'élnil-ce pas vivre comme les bêles? N'était-ce pas vivre pour mourir? « Non, s'était-il écrié , la vie ne peut nous être donnée seulement pour nous mener à la mort; et le doux sentiment de l'existence ne peut nous conduire uniquement à la crainte douloureuse de la perdre*. »

Jetant alors les yeux sur les systèmes des philosophes : c( Je trouvai, dil-il, juste et sensée la sentence de ceux qui disent qu'il faut conserver sa conscience pure de tout crime, puis pourvoir aux difficultés de la vie, les éviler par la prudence ou les supporter patiemment; et cependant ceux-là même ne me semhinient poinl en dire assez pour qu'on pût apprendre d'eux à vivre bien et heureusement. Leurs prcceplcs étaient ordinaires, conformes au sens commun de l'humanité. Les méconnaître, c'eûl été se ravaler à l'élat de la bête; et les enfreindre après les avoir connus, c'eût été dépasser les brutes en stupidité. Mon âme avait soif de faire autre chose que ce qu'il serait criminel de ne pas faire : elle aspirait à con-

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