‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 131 sur 324 · III · texte numérisé non relu

III

invita tous les évêques qui appartenaient à la mèn» quqnce interméiliaire que lui» à se réunir pour leni conseil ^ur la conduite à suivre. Un petit conciliabul fut ainsi formé à Ancyre par les principaux prélat d*Âsie Mineure \ parmi lesquels on eût été heureux 4 compter Cyrille de Jérusalem, le plus honoré et le plii illustre de tous ceux qui, dans la crise précédente n'avaient pas pris nettement le parti d*Athanase. Mai on apprit en mcrpe temps qu'il é(ail tombé en di féreiid avec son métropolitain Âcace de Césarée, | qu'illégalement déposé , il errait , chassé de son siège nialgré ses protestations ^. Ce coup, qui semblait aonoi çer Mne guerre déclaré^ a tout ce qui ne partagea pas rexallqtion des partis extrêmes, ne flt qu'inquiet^ davantage tous les ariens modérés. Sous Tempif d'une crainte qui les touchait personnellement, ) éyêqucs répnis à Ancyre^ rassemblèrent tout le courage et anathématisèrent|is^r(liment,sinon la form de Sirmium çllc-niùnin, au pioins toute la doctrine

i. Soc. — Soz. — Tliéod. — Philosl., /oc. cit.

2. Soc, II, 'lO.— Soz., IV, 25 — Th<';o(l.,ii,25. — s. Èiiiph.Har,! S7. — L'oithoduxie de S. Cyiille de Jêriis ileui, à cette premièrr 'que de sa vie, estl'oljj^'t de ijiaudos tliscuhsinns. Eiltf a è\é fort conlestf'c par lUilin (i, 2Hi,et par S. Jérôme dans sa Chronique croyons qu'il est iuqios<iMc de lui reprucher aucune erreur de df Mais il est certain ijuVn lait il ne rompit qu'assez tard toute com' avec les semi-ariens , esp»'Tant sans doute , comme S. RïU raincuerà une plus juste appréciation des dogmes, en ne les cl point sur des mots. Dans la stiatégie des partis, teUe que décrivons en ce.moment. Cyrille forme donc l'extrémité de l'a du scmi-a4anisme toucliant à l'orthodoxie, ou de l'aile gs Vorthodoxie touchant au semi-arianisme.

y était consacrée. Dans une lettre circulaira * cVup^ longueur démesurée et d'un style ui| peu embrouillé, adressée à tous les évéqqes d'Asie Mineure, ils établirent Ipnguement la parfaite similitude de |a substance du Pèreet du Fils,avec des^rguui^ats qu'àréJ0qi}enceprè3 on croirait eaipruiUés h saint A(bfinase. 4^près quoi, cependant, pour qu'on ne les accusât pas de démentir tout leur passé, ils conclurent en analbéniatisant aussi fonnellement 1^ mol consubslantiei Mais, malgré cette réserve, p)us verb^je au fon4 que réelle, la division 4e l'Arjanisnie était consomméq : les deux fractions avaient désormais leurs symboles , leurs chefs , leurs mots 4'ordre , leurs syrnpms dilTérenls. Qn appela les uns

^- s. Épipb. Hœr, lxxiu, i-12.r— Cette lettre, d'un style à 1^ fpis ^^'Dfiis et diffus, atteste rembarras de ses redacU^urs. En combattant les ^MQéeos , ils ciaigaent évidemmeut à tout moment de se serrir des ^^uneots allégués depuis si longtf^mps contre Arius par les ortiio- *|*^. Toute la discussion des textes de l'Éciiture est pourtant très- Wiiemei^t empruntée aux f^paeu^s polémiques d'Atbauase ; e^, tout ^ lisaot cette pièce, il est impossible de ne pas voir combien les ••tti-ariens, dans ce mouvement en ariière, étaient rejetés, malgré W\k en eussent, du côté ^ la vraie foi. A certaiqs moments, il ^ impossible de distinguer leur argumentation de celle des ortho- *^. s. Hilaire (de Syu., p. ii57-ll5t>), en tiaduisaut lesanathèmes ^1^ réunion d'Aucyre, passe les cinq preuiicis et le dernier, c'^s^à- ^ celui qui anaibématise le Consuf}stantie/j ce qui a fait supposer à ^'Klques écrivains qu'il n'avait pas été défiuitivoiuent adopté. Mais cette ■ypothèse n'a rien de vraisemblable. S. Hilaiie, en écrivant le livre *» Synodes pour faciliter une conciliation entre les semi-ariens et les **Woxes, n'insiste jamais sur ce qui avait pu les diviser; et c'est •ctttc précaution seule qu'il faut attribuer son silence. Une lettre de °' ^ile atteste que le Consuhstnntiel fut réellement anathématisé à *^^, et cette précaution était nécessaire pour que les semi-ariens ^ fessent pas accusés auprès de l'empereur de se démentir.

semi-ariens ; les autres reçurent du public le nom d*anomœens, du mot grec qui signifie dissemblable. Mais pour qui serait Tempereur? Ce fui la question qu*à peine l'acte de courage consommé, chacun des membres de la réunion se posa avec inquiétude.

Ce n'était pas tout, en effet , d'avoir protesté pour son honneur et sa conscience : il fallait aussi mettre sa personne en sûreté. Tout intimidés de leur audace, les prélats semi-ariens, Basile d'Ancyre en tète , se faisant accompagner d'un prêtre qui avait été chambellan, allèrent se jeter aux pieds de l'empereur pour lui expliquer pourquoi ils avaient osé, en matière de foi, penser ce jour-là autrement que lui *• Ils trouvèrent Constance de retour à Sirmium d'une expédition heureuse qa*i avait faite au delà du Danube. Il avait déjoué les des Sarmates, en avait taillé en pièces un grand nombre puis s'était décidé à conclure avec eux un traité qui lei était avantageux, en vertu duquel il les avait remis possession lui-même d'un territoire usurpé par leu sujets révoltés. Ses soldats lui avaient décerné, pour haut fait, le surnom de Sarmalique. Il leur avait fait beau discours et rentrait en triomphe^. Tout allait doi

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