IV
rivée dans les Gaules» d'être sévèrement réglée d'après les modèles qu'il trouvait dans les livres de philosophie. Rien n'égalait sa sobriété et sa vigilance. Constance avait cru faire merveille de régler d^avance y par écrit , pour le tenir en bride, tout son régime et jusqu'à l'ordinaire de sa table. Julien se fit montrer le menu de ses repas, tracé par la main impériale. Il y avait des mets délicats, des faisans, des viandes de porc exquises » découpées avec ces raffinements qu'a seule inventés la sensualité antique*. Julien raya de sa main tous ces articles, et commanda qu'on lui servit la ration ordinaire du soldat. Son lit fut formé d'une simple couverture sur laquelle on jetait une peau de bête. C'était là qu'on le voyait tous les soirs (au dire de son biographe), sans doute pour empêcher le sommeil d'allanguir ses sens, invoquer à genoux Mercure, le plus agile des Dieux, celui qui représentait dans les symboles philosophiques l'esprit vivant du monde, et qui était chargé de communiquer le mouvement à tous les êtres animés^.
Un tel repos n'était pas long et ne consumait qu'une faible partie de la nuit. De ses heures de veille il faisait deux parts distinctes : l'une pour les affaires,
1. Amm. Marc, xvi, 5 : Phasiaaum et vulvam et somen exigi rc tuit et inferri, munificis militis vili et fortuito cibo contentas. On pei voir dans Pline l'explication de ces mets divers, inventés par la cherche de la cuisine antique.