‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 158 sur 324 · Amm. Marc., xyii, 3. xvi · texte numérisé non relu

Amm. Marc., xyii, 3. xvi

î. Lih., Or. 10,p. Î80-Î81.

■^ Amm. Marc, xvi. 5.

tenait, à leurs yeux, de la duperie. On le raillait en haut on le bénissait en bas.

II se consolait de ces vaines tracasseries avec deux oi trois conûdents de prédilection, dans le sein desquels épanchait les secrets de son âme : c'était, outre le cha bellan Euthérius, le médecin Oribase , Vafricain Euh mène et un officier gaulois, du nom de Salluste. A Oribase, par exemple , momentanément absent, il k^rh vait, au plus fort de ses démêlés avec Florentius, pour les lui raconter en détail, a Que pouvait faire en te//^ occurrence , ajoutait-il , un disciple d'Aristole et de Platon? Fallait-il laisser des malheureux entre les mains des larrons? Ne devais-je pas les défendre de tout mon pouvoir? Les infortunés, sous l'oppression de ces impies, chantent déjà le chant du cygne. Ne serait-il pas honteux de condamner les tribuns militaires, quand ils quitr tent leur poste, d'aller jusqu'à les priver de sépulture» eux qui ont la mort à braver ; tandis que nous, nous déserterions la protection de ces victimes et le devoir que Dieu nous a imposé de combattre avec son aide contre ces larrons? S'il faut souffrir quoique chose pour cela, ce ne sera pas une médiocre consolation que de partir d'id avec une bonne conscience... Si un successeur m'est

donné,j'espèrequeje n'en éprouverai pas tropde chagrin. Il vaut mieux peu de temps bien employé que beaucoup d'années à faire le mal. C'est là de la philosophie péripatéticienne , qui n'est nullement , comme quelques-uns le prétendent, moins noble que la stoïque. A mon sens.

elles ne diffèrent qu'en ceci: c'est que Tune est plus ardente et plus inconsidérée; Taulrc est plus réfléchie, mais plus persévérante dans les choses qu'elle a résolues*. »

Ces paroles étaient empreintes d'un désintéressement

louable, mais il faut ajouter qu'elles étaient précédées

du récit d'un songe, que Julien donnait à interpréter

à son ami , en sa qualité de savant. Il avait vu deux

arbres croissant l'un près de l'autre, l'un élevé, altier,

placé sur une vaste éminence, l'autre attaché à la même

racine, mais petit encore et humble, quoique déjà

chargé de fleurs. Chose étrange, peu d'instants après, le

grand arbre était par terre, et le petit survivait encore.

Sans être aussi érudit qu'Oribase , Constance peut-être

aurait compris le sens de l'apologue, et il est heureux

pour Julien que la lettre n'ait pas élé interceptée.

En retour de ces confidences politiques, Oribase soumettait à Julien toutes ses idées scientifiques, et en disputait avec lui. Il avait reçu de lui la mission de réunir en un vaste traité toutes les idées médicales de Galien , mises en regard de celles des médecins illustres qui l'avaient précédé *. Avec les amis et les savants qu'il avait laissés en Grèce et en Asie Mineure, Julie# entretenait aussi une correspondance active et amicale. Il leur envoyait ses ouvrages et leur demandait leurs

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