‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 159 sur 324 · Jul.^ Ep, II, (éd. Span.), P · texte numérisé non relu

Jul.^ Ep, II, (éd. Span.), P

2. Oribase, OEurres publiées par MM. Coussemaker et Daremberg. Paris, 1851, 1 vol., p. 1. — L'ouvrage est précédé d'une dédicace à Julien.

conseils. Quelques-uns venaient le voir» et iMes recevait avec empressement *. Mais c*élait avec Salluste surtout que son cœur s'ouvrait. Tout était commun entre eux, le goût des armes, la passion des lettres et la croyance religieuse. Plus heureux que son souverain, Salluste n'avait pas Tobligation de feindre pour la foi chrétienne un respect qu'il n'éprouvait pas. Tandis que Julien étair encore obligé de laisser mettre son nom en tête des éditi) qui consacraient les immunités épiscopales, ou proscrivaient les augures *, Salluste, n'étant pas roi , avait la liberté d'être païen. Nul doute qu'il n'en usât pleinement, et que ce ne fût là le principal attrait qui lui valait la confidence intime de son jeune maitre. Gomme i| se trouvait toujours à ses côtés , au camp comme à l'étude, cette communication constante avait fait nattre entre eux une de ces amitiés à la mode antique, que Julien aimait à mettre sous l'invocation d'Oreste et de Pylade, d'Achille et de Patrocle, d'Épaminondas et de Pélopidas. Quelques mots feraient croire que Salluste joignait aux croyances païennes ordinaires ce culte bizarre de Mithra qui s'adressait particulièrement à l'astre du jour, et semblait vouloir éclairer l'àme ses^yons. Ce serait alors dans ces longs épanchemenl.- j de l'amitié que Julien aurait puisé la dévotion qu" "^

1. Jul..£p. (éd. Span.),p. 383, 441, 446. En approchant de Besançuafc.,^^ ♦'^crit-il à Maxime, j'ai vu arriver un cynique avec une besace et un bâton : j'ai cru que c'était toi ; contait !)ien un ami, en effet, puisq^zx '^ venait de ta part ; inaiscVst l»ieu au-drssous de mon attente.

i. Cad. Théuâ , xvi, t. 2, l. 14, 15. 16; t. 8, 1. 7, t. 10, I. 6.

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Baiblie) la Rcience politique, Tart militaire et Félo- Bf Constant n*avait recueilli qu'une grande l>ra-

personneile et une honorable droiture de cœur. t d'ailleurs ami du plaisir; on le soupçonnait des [raves désordres de mœurs : accusation d*aulant iccréditée que» fiancé du vivant de son père à la ncore enrant du ministre Ablave, il lui avait fidèt tenu parole malgré sa disgr✠; et, en attendant 3 fAt en âge d'être marii^e, il restait célibataire ine jeunesse déjà mAre. Une grande Taiblesse de ère qui le livrait à d'imprudents conseillers; des 18 d'argent et des goûts de dépense qui le ren-

à la rois avide et prodigue, faisaient de lui, au un fort médiocre sou\erain. Mais il avait une foi ilide, bien que peu éclairée, et il en donnait Trément des prouves en dislribuanl des largesses aux % et des Tavcurs aux chrélitMis. C'est ainsi qirKunous raconte qu'il avoit fait venir d'Athènes un ir chrétien célèbre, du nom de Prohérèse, qu'il

manger à sa table et à qui, par une disposition ière, il avait donné lu titre de général avec une \ pension *.

avait eu indirectement quelques relations avec , qui, sur sa demande, avait rédigé pour lui un

irel. Vict., De Cœs., 41. — Vict., A>//., 41. — Zos., ii, 4Î. — [, ». — Liban., Or., 3, p. 1 il. — S. Athan., Ad. Sol., p. 856; }. il7S et 879. — Amm. Marc., xx, 11. — Eunap., Vit. soph.^ 849, p. 49i.

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petil catalogue ot une sorle d*abrégé des livres de l'Écriture. Mais, pressé de prendre parti dans la cause qui partageait le monde chrétien, il éprouva le désir de faire plus ample connaissance avec le principal accusé et de s'entretenir avec lui. 11 ne put guère donner suite à celte pensée avant la fin de l'année 342, parce que ce ne fui qu'à cette époque qu'il i)ut terminer la guerre des Francs par une paix dont les conditions ne paraissaient pas avoir été bien satisfaisantes pour rhonneur romain*. De retour alors à Milan, il manda Athanase auprès de lui*. ^ !>• Cet ordre surprit et ne contenta que médiocrement révéque proscrit : sujet de Constance, et aussi éloigné de la rél)ellion que de la bassesse, Athanase éprouvait quelque scrupule à recourir contre son souverain à l'appui d'une influence étrangère. Il savait d'ailleurs qu'il est aisé de blesser l'orgueil des princes, mais qu*il est peu sûr de se fier à leur parole. En sollicitant l'intervention do Constant, il oiïcnsait mortellement le mafire de rOrient, avec qui tout évêque d'Alexandrie était destiné à entretenir de perpétuelles relations, et il n'était

1. 342 ap. J.-C. — U. G. 1095. — Indict. xv. — Constantius m CoDStans ii coss.

2. Soc. — Soz. — Liban. — S. Jérôme, ioc, cit. — Nous iiiclton? i Tentrevue de Constant et d'Athanase, que Tillemonl rejetait pi loin. Cette entrevue précéda imnié liatemcnt le concile de Sardiq Ov on verra tout à riieurc les raisons qui, de eonceit avoc les chron. logistep modernes, nous font avancer jusqu'en 343 l.i rénnion de concile. Athinase [Apoi.yp. 075) dit qu'il s'était écoulé trois atas entre son arrivée à Komc et l'appel de Constmt. Eu mettaot cettf arrivée en 339, comme nous l'avons fait, on se trouve porté i 1& Jf de 342.

se fait que le chagrin et la peine naissent toujours de la même source, et se succèdent Tun à Tautre. Maïs c'est l'opinion du sage que les événements les plus tristes et les travaux les plus laborieux doivent apporter à rhomme de sens autant de juissances que de peine. Les abeilles du mont Hymette tirent des herbes acides une douce rosée dont elles font du miel. Les corps sains et robustes se nourrissent de tous les aliments qu'ils rencontrent, et ceux qui paraissent le plus nuisibles, nonseulement ne leur nuisent pas, mais se tournent pour eu 2 en nouvelles forces... Et de même les âmes qui ont une santé forte (je ne parle même pas de la vigueur d'^nlisthène ou de Socrate, ou du courage de Callis- !ne, ou de la patience de Polémon] parviennent à uver quelque joie dans l'âpreté même du malheur, is, pour moi, j*ai fait une triste expérience de moiï^ôrae, lorsque j'ai appris ton départ. Ma douleur fut ^K^le à celle que j'éprouvai le jour que, tout enfant, ^^^ m'enleva mon précepteur. Tout m'est revenu ^ la fois en mémoire : les fatigues que nous avons POïtagées, c^s affectueux saluts de chaque jour d'une *^ adresse si sincère, ces entretiens tout pénétrés de ^^lité et de justice, cette communauté d'efforts pour *^ bien, cette même ardeur, ce même courage de '^^islancc contre les méchants, une telle union dos ^^urs, une telle ressemblance des mœurs , une telle ^<>nfiance d'amitié, et je me suis rappelé le vers ^'Homère : Ulysse est maintenant abandonné ! — C'est

à ce héros que je suis semblable. Pour toi , un Dieu t*a retiré, comme autrefois Hector-, du milieu des traits que dirigeaient contre loi les sycophantes. A vrai dire » pourtant, c*élait moi qu'ils cherchaient à travers toi, car ils ont su que je n'avais qu'un point vulnérable, let qu'ils ne pouvaient m*alteindre qu'en me privant d'un ami fidèle, mon défenseur intrépide et le compagnoo infatigable de tous mes périls... Que ma douleur soit juste, privé que je suis, non d'un ami seulement, mais de quel appui , Dieu le sait! je pense que Socrale lui-même, le héraut et le maître de toute justice, ne le contesterait pas, du moins autant que je le puis conjecturer d'après les discours de Platon qui nous le font connaître. Platon dit , on effet : « Gouverner la chose « publique m'a toujours paru la plus difficile de toutes (c les lâches , car on ne peut gouverner sans amis et (( sans compagnons fidèles, et de telles gens ne se a trouvent pas aisément. » Que si cette tâche a paru à Platon plus difficile que de percer le mont Athos, ^ que faut-il que j'en pense, moi qui suis plus éloignéâ de sa sagesse et de sa prudence qu'il n'était de Wieim lui-même? Vers quel ami bienveillant me tournerai-jj aujourd'hui? A qui permet(rai-je de me traiter av une noble franchise? Qui est-ce qui me conseillera av prudence, me réprimandera avec douceur, el tourn&f^ mon âme sans faslc et sans arrogance vers toutes les choses honnêtes * ? »

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