IV
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de son ulile concours en étant promu à la dignité de comte*.
Pour assurer le résultat de tous ces succès» Julien faisait élever sur la Meuse trois châteaux forts. Mais, pendant qu'on les construisait , les conséquences de la précipitation de son départ se faisaient sentir; les vivres manquaient, et pourtant il eu fallait en abondance, tani pour nourrir les travailleurs que pour approvisionner les nouvelles citadelles. On avait compté sur les moissons de l'année, et la saison continuant a être retardée, elles n'étaient pas encore mûres. Pour la première fois, le soldat commençait à murmurer contre son général. On l'accusait d^avoir trompé Tarmée par de fausses espérances, et les noms de Grec et d'Asiatique, qui, parmi les Gaulois, étaient synonymes de menteur, circulaient J
à voix assez haute dans les rangs. La solde faisait aussi m
défaut , car il n'était sorte de diicane que les trésoriers «b
du fisc, sous l'influence de Florentins, ne suscitassent à ^
ceux de Tarmce. Pour contenir ces mécontentements toujours dangereux dans des armées peu fidèles, comme relaient alors celles de Rome , Julien s*avisa qu'en Bretagne la rocolle élail meilleure et plus avancée, et «^«| prit le parti de faire venir du blé de cette ile. Mais les ^j=a>^ moyens de transport étaient difficiles à réunir, car 1 mauvaise aduiinistration de la Gaule avait laissé à pei près périr la flotte qui devait être entretenue conslanus
1. Ennapo, Exccrpfa Lcgafiomtm^ Coll. des historiens de Fiancrc* t. iiiy p. 507. — Ain. Mai'C, li^. cit.
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Hieot dans les port» de la mer du Nord. Il fallut faire construire à neuf six cents bâtiments. Celait sur le Rhin qu*oo devait les mettre à flot, et c*était ensuite en re- «nontant ce fleuve que les transports devaient revenir approvisionner l'armée. De là, de nouvelles difficultés. Comme les Francs occupaient toutes les eaux inférieures du fleuve, il était douteux qu'ils laissassent circuler sans apposition la flotte qui ravitaillait leurs ennemis. Florentius, accoutumé aux manières de faire de Constance» proposait déjà d'acheter, au prix de mille livres d'or, la liberté du passage, et Constance lui-même écrivait h son collègue pour l'y engager. Julien repoussa celte lâche proposition avec indignation, et se confia hardiment a la terreur inspirée par son nom. Le succès justifia son audace. Le premier voyage s'opéra , en effet , sans encomlire,soQs les yeux des Barbares qui n'osaient bouger '. La campagne fut enfin terminée, pour cette année la, par une pointe que Julien se décida à pousser au delà du Rhin, dans les derniers jours de l'autonme, afin de s'assurer par lui-même de l'impression qu'avait laissée chez les Alamans le coup porté à Strasbourg. A peine fut-il de l'autre côté du fleuve (qu'il traversa sur un pont de bateaux) que deux des souverains qui avaient assisté ^ la bataille de l'année précédente, Suomaire et Ilortaire, tinrent se rendre à discrétion. Julien les reçut dans l'alliance romaine, en exigeant d'eux des prestations de
1. Amm. Marc, xvii 9. — Zos., m, 5. — Liban., Or. 10, p. 280. — Jul., ad. Athen., p. 513-5U. — Eiinape, Exe, leg, loc» cit.
vivres, de bois, de fer et des transports pour la répara^ lion des villes gauloises qu'ils avaient ruinées dans leur première expédition ; en outre, la liberté de tous les captifs romains qui étaient encore entre leurs mains. Le plus grand soin fut apporté à Taccomplissement exact de celte dernière condition. Julien avait fait dresser, d'après des renseignements recueillis dans chaque localité et dans chaque famille, là liste de tous les soldats gaulois qui n'avaient pas reparu à la suite de la dernière guerre. Le jour où les captifs libérésluifurentsolennellement remis, des notaires placés auprès de lui contrôlaient exactement ces listes, tenant note à la fois des présents et des manquants. Puis Julien fit lire à haute voix les noms de tous ceux qui n'avaient pas répondu à l'appel, et insista pour qu'on représentât, ou leurs personnes vivantes, ou les preuves de leur décès. Les Barbares, ne comprenant rien à cette perfection de la statistique romaine, croyaient que l'empereur avait le don de divination, et plusieurs d'entre eux qui avaient gardé, sans en rien dire, quelques esclaves pour leur usage, tout terrifiés de se les voir réclamer, se hâtèrent de les restituer. Il y eut ainsi plusde vingt mille captifs rendus h leur patrie, qui défilèrenfe; devant la tente de Julien, en le saluant par des cris do reconnaisance et d'allégresse. Mais , avec tant de nou« velles bouches à nourrir, les précautions prises par Julien pour se procurer des vivres ne devenaient que plus nécessaires, et n'étaient que mieux appréciées '.