‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 163 sur 324 · Zo=., m, A. — Amm. Marc, xvii, 10- Liban., loc. c · texte numérisé non relu

Zo=., m, A. — Amm. Marc, xvii, 10- Liban., loc. c

L*année suivante fut moins occupée : Julien dut un peu de repos à la crainte qu*il inspirait. La Gaule présentait un aspect de fêtes et de joie inacoutumé. L*hiver s'écoula dans les plaisirs. Avec Tété, Julien se remit en mouvement. Mais ses expéditions, quoique constamment renouvelées » n'étaient plus guère que des promenades triomphales. Il parcourait incessamment les places fortes qu*il avait fait élever » s*assurant que leur approvisionnement était au complet, et que les Barbares reçus à merci s'acquittaient des contributions qu'ils avaient promises. A son tour» il se piquait à leur égard de la plus exacte fidélité, et toutes les fois qu'il faisait une excursion au delà du Rhin» il avait soin d'éviter de toucher le territoire des provinces soumises. Rn revanche» il punissait sévèrement ceux qui, comme le roi Hortaire» après avoir engagé leur parole avec Rome, avaient l'audace d'y manquer. Tant d'équité, tant de sagesse et en même temps de fermeté, remplissait ces populations naïves d'une religieuse surprise. Julien se laissait approcher, admirer tout à l'aise, lui et son armée: «Quelles merveilles! quelles belles armes! quels beaux hommes! que ces aigles sont terribles! » disait un petit souverain germain du nom de Macrien, passant dans les rangs avec le prince des Rauraques, Yadomaire. £t Yadomaire , qui avait été ami de Rome dans ^ jeunesse, se joignait h l'admiration de son collègue, ^Out en disant qu'il connaissait déjà toutes ces belles <^Iioses et avait vu mieux encore. Ainsi se rétablissait

au delà du Hhin le prestige déjà affaibli» mais encore si puissant» du nom romain *.

Julien probablement ne se serait pas longtemps contenté de cette paisible gloire. Voyant la Gaule pacifiée, la Germanie refoulée dans ses limites» il jetait les yeux d*un autre côté, et c'était vers cette Bretagne qui avait si récemment servi de grenier d'abondance à ses troupes» qu'il songeait à tourner ses pas. Déjà vers la fin de 355, craignant une invasion des Pietés et des Scots qui» réfugiés habituellement dans leurs montagnes» en sortaient souvent pour dévaster la partie méridionale de Tile soumise aux Romains, il avait fait franchir le détroit à son mailre de cavalerie» Lupicinus» successeur de Sévère» avec deux légions de Mœsie et un corps d*(tuxiliaires Hérules et Bataves^. Il avait reçu des nouvelles satisiaisantes des premiers faits d'armes de ce général, bon militaire» mais d'un caractère arrogant» et qu'il n'était pas fâché d'employer utilement loin de sa personne. Peut^ être se proposait-il de le rejoindre lui-même» lorsqu'il apprit subitement que des lettres de Constance étaient arrivées à l'adresse de ce même Lupicinus. Quant à Julien lui-même, le messager (c'était le notaire Décealius) n'était chargé d'aucune dépêche qui le concernât. Il avait seulement commission verbale de le prier de de point s'opposer à l'exécution des ordres de l'empereur. Quels étaient ces ordres? c'est ce qu'on ne tarda pas à

f . Amm. Marc, xviii, î.

Page 1