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JULIEN EN GAULE. 7t
car Lupicinus étant absent , il fallut bien oulépéche. Julien y apprit avec surprise que Temlemandait qu'on lui envoy&t sur-le-champ tous iaires des corps hérules, celtes et batavcs, plus ellente légion qu'on appelait les PMulanU\ et lU hommes d'élite choisis dans toutes les divi-
Tarmée transalpine. La marche de ces troupes ient devait être conduite par le chef des écuries n, Sintula :du césar lui-même, pas un mot. lemeura stupéfait, et du procédé et de la de-
on le privait de ses meilleures troupes, sans Fen prévenir. Il vit là un nouveau coup, cette tely de la haine de son cousin et de la perfidie
vait pourtant raison qu'en partie. L'insulte par- I en effet, de l'esprit jaloux et haineux de Couinais le besoin que cet empereur éprouvait de troupes était réel. Tous les embarras à la fois Ht sur sa faible tête. Celait le moment où ftnis- » fameux conciles de Rimini et de Séleucie,et eé devenu, par la faiblesse de ces deux assemjuge suprême du différend qui se plaidait devant snstantinople , sentait pourtant tout le monde frémir et s'ébranler sous sa main usurpatrice, puyer la sentence équivoque qu'il allait rendre,
. Starc., éd. Lipsia?, 1838, 1. 1, p. 46C; Index aulictis civilis
is.
, XX, 4. — Liban., Or., 10, p. 282, 283. — Zos., m, 8. — Jul.,
et pour assurer le succès de tous les coups d'autorité qu*il avait à frapper» un immense déploiement de forces lui était nécessaire. Mais» par une complication à laquelle sa maladresse n'était pas étrangère, les mauvais succès de la guerre récemment rallumée contre les Perses venaient mettre en même temps dans un extrême péril la sécurité des provinces orientales.
A plusieurs reprises déjà, inquiet de ce côté, il avait essayé d'obtenir des Perses une paix durable. Mais ces efforts ne faisaient qu'accroître l'orgueil du despote du Haut-Orient. Sapor» enhardi par la timidité visible de son adversaire» ne mettait plus de bornes à ses prétentions. Il écrivait à Constance pour lui réclamer les provinces» situées au delà du Tigre» que Galère avait autrefois enlevées au roi Narsès» son aïeul»et il croyait encore lui fai grâce en ne demandant pas à s'étendre jusqu'à la limil du Strymon» en Macédoine. Le ton des lettres était au arrogant que le fond. C'était le roi des rois» allié d astres et frère du soleil et de la lune» qui voulait bie envoyer le salut de paix à son frère le césar Constance - Mais derrière ces forfanteries ridicules il y avait des armées qui ne prêtaient pas à rire; et Constance» bien qu^ très-blessé dans son orgueil, n'avait négligé aucun moyeo d'éviter une rupture ouverte. Il envoyait ambassade sur ambassade» choisissant pour la députation ses conseillers les plus aflidés, les orateurs les plus habiles, le notaire Spectat et même le sophiste Eustathe» merveilleux
artisnn de persuasion, dit Ammicn Marcclliii*. Mais, malgré tous les triomphes oratoires que Libanius et Eunape prêtent au sophiste ambassadeur, et bien qu'au dire de ce dernier, peu s'en fallût que Sapor, ravi de tant d'éloquence, n'eût quitté la tiare pour revêtir le manteau des philosophes, tous les arguments avaient été inutiles; et, dès l'été précédent, Sapor venait montrer, €n assiégeant et en prenant, après un siège lent et cruel, la ville d'Âmide, sur le Tigre, qu'il n'était pas encore prêt à renoncer au métier de guerrier, pour embrasser la rhétorique et la sagesse ^.
Ce qui accroissait encore la force de Sapor dans cette iriclorieuse attaque, c'est qu'il avait accueilli dans son camp un transfuge romain qui avait occupé une place importante dans l'administration militaire de l'empire. C'était un marchand enrichi, du nom d'Antonin, devenu intendant par ses intrigues, et ensuite banni pour quelques méfaits ou par suite de quelque délation. Antonin avait porté à Sapor Télat exact des places et des armées romaines, et le tenait au courant des rivalités intérieures qui existaient entre les généraux. Par lui Sapor avait su que Constance, jaloux du seul homme de mérite qu'il eût à son service dans son armée d'orient, le général Urficin, lui avait donné pour collègue et pour rival un vieil oilicier sans capacité, ami de l'eunuque Eusèbe. 11 avait su également où il devait porter ses