s. Bas., Kp. I
i. //><>/., Ep. ccxxiii, 3.
]9t? JULIEN AUtiUSTE.
avec sa Gllc Macrine, y vint fixer sa demeure. Elles attirèrent bient(H un petit nombre de femmes pieuses» dont Macrine prit la direction; et elles gardaient auprès d'elles et élevaient dans celle espèce de couvent le dernier et le dixième des enfants de la maison , celui qu'on appelait la dime, le petit Pierre. Un autre des fils » nommé Naucrace, jeune homme d'une beauté rare et d*uoe grande adresse dans les exercices du corps , mais d'une humeur un peu farouche, que la piété n'apprivoisa pas, poussa plus loin encore le goût de la retraite. Il alla s'établir un peu plus loin, au fond d'un bois épais, oii il vécut seul dans une caverne^ avec un serviteur et deux vieillards mendiants qu'il avait recueillis et quil nourrissait du produit de sa chasse. La famdle presque entière se trouva ainsi transportée dans la soUlude, à l'exception des sœurs déjà établies et d'un troisième frère qui , engagé lui-même dans les liens (lu mariage, a\ait cru pouvoir garder la clientèle oratoire de la niaison. 11 se nommait Grégoire, comme l'ami de Basile*.
Mais c'était cet ami surtout que Basile aurait désiré entraîner avec lui dans le désert. La parole qu'ils s'é-
1. s. Giég. Nyss., Vitn S. Mncrin. — S. Bas., Ep. ccx. 1. — Vitt^^
S. liasilii dans ses œuMcs, vol. ui, p. 51, éd. Gaume. — Soc., it, S6
C'est Soci.ite qui dit que S. Giégoire de Nysse remplaça S. Basile,^ sou frère, d lus l'éloquence. On voit aussi que «^e saint fut marié avan^ «l'i utrer dans les ordres, par un passage de son livic sur la l'hyiuit^^ uliap. 3), et l'ar une lettre de S. Grégoire de Nazianze (cxcyii.i. <>it<^ leltrt', ainsi interprétée par les meilleurs auteui s, ne uous p;iraUraL "* puuitanl {II.-, à elle .-l'u1<', luut •» l'ait con'.luaule.
taicnt donnée Tun à l'autre à Athènes semblait lui en promettre Tassurance. Grégoire, d'ailleurs, pouvait se croire astreint à embrasser une vie de perfection par un vœu que sa mère avait fait dès son enfance, et qu'il avait renouvelé lui-même dans un grand péril \ Mais le jeune rhéteur de Nazianze ne paraissait pas se presser de tenir sa promesse. Des circonstances de famille lui rendaient diilGcile d'imiter l'exemple héroïque qui lui était offert. Il avait encore son père, autrefois hérétique , puis converti , appelé tardivement aux honneurs de l'Église y et vieilli dans l'épiscopat de sa petite ville. Cet homme vénérable était , autant qu'on en peut juger à travers les éloges excessifs que lui a décernés la piété filiale» d'un caractère bon, mais mobile. Il était prompt à la colère et facile au pardon^. Ceux qui l'entouraient prenaient rapidement sur lui une grande influence; il avait subi, à son grand avantage, celle de sa pieuse femme Nonna; il cherchait instinctivement un appui dans le fils aimable et gracieux que Dieu lui avait donné. Grégoire n'avait qu'un frère, du nom de Césaire, qui avait suivi la carrière de la médecine, et la pratiquait à la cour de Constantinople avec un succès brillant. Il pouvait donc se regarder comme le seul appui de la vieillesse de ses parents , et sa conscience dontait qu'il lui fût permis de les quittera
1. s. Grég. Naz., Or. xvui, 11 ; Cat-m, de vita sua, tome ii, p. 655, 680. î. Ibid., Or. xviii, 26.