MfV/., p. C
JULIEN AUOUSTE. 195
goût des vivei el nobles eonversations du gitlnd monde qui partageait son cœur ; car il chérissait le silence» et on riait souvent de le voir demeurer de longues heures au milieu d'une société animée » le regard distrait , et plongé dans la rêverie ^ C'était un charme plus subtil , c'était la passion des belles-lettres , du doux langage et de la poésie. Cette soif de bien dire, allumée par les feux du ciel de Grèce , et que Julien avait portée dans les camps, suivait Grégoire au pied de l'autel. Tandis que chei Basile les sciences et les lettres profanes» pleinement possédées, s'étaient fondues pour ainsi dire dans l'unité d'un génie sobre et contenu, Grégoire, d'une nature plus ardente, plus ouverte à toutes les émotions de l'artiste, portait encore dans ses études chéries l'entraînement d'un écolier : Basile était mettre de son éloquence, Grégoire était dominé par elle. Ce 9ui n'était plus pour l'un qu'un instrument utile à employer au service de Dieu, se présentait encore jH>ur l'autre sinon comme le but de tout son travail, ^u moins comme un idéal charmant dont son àme demeurait éprise. Bien des années, bien des efforts de ^ertu , bien des grâces de Dieu , devaient lui être nécessaires pour sanctifier cette passion d'éloquence, sans Clamais l'éteindre, et pour réduire la parole humaine à ^on véritable rôle, celui d'humble auxiliaire de la parole ^e Dieu. Ce ne fut que bien longtemps après, sur les