‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 224 sur 324 · s. Ciioir. Naz., Or. vu, 11-li · texte numérisé non relu

s. Ciioir. Naz., Or. vu, 11-li

imitateurs du pécheur Pierre et du Galiléen Paul, avaient-ils le droit de si bien penser, de si bien parler? Où avaient-ils appris à changer ainsi leur langue barbare contre la langue des Muses ? A Athènes, sous la protection de Minerve. Quel scandale de voir les Dieux eux-mêmes prêter à leurs ennemis les armes mêmes qui servaient à détruire leurs autels ^ ?

Julien roula longtemps ces amères pensées dans son esprit. La prudence du souverain et l'amour-propre de rhomme de lettres, la modération de philosophe et la sincère indignation du fanatique, se livraient en lui de grands combats. La colère l'emporta enfin et troubla pour jamais la perspicacité naturelle de son sens politique. Il forma le dessein étrange de confisquer la science, comme un monopole, pour ses Dieux, et d'interdire aux chrétiens, à défaut de la lumière du jour,^ celle de rinlelligence. Il fit le premier et timide essai de ce système perfide dans deux lois datées des premiers jours de mai, par lesquelles , en renouvelant les privilèges anciens des artistes et des médecins, il confiait exclusivement aux curies des grandes villes le droit de nommer aux fonctions de professeurs, sous réserve de l'approbation impériale, et .interdisait l'enseignement à tout autre qu'aux maîtres officiels^. Puis, peu confiant

1. Théod., m, 8. — Tourlet, dans sa traduction des Œuvres de Julien, donne le texte d'une lettre extraite d'un écrivain du vi* siècle, où Julien «•emporte contre un certain Diodore de Tarse, qui avait, dit-il , été s'exer- C€^r à Athènes pour apprendre à combattre les Dieux. (T. m. p. 358.)

«. Cod. Theod., xui, t. 3, L 4, 5.

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