‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 237 sur 324 · Jul., Ep, X [éd. Spaii · texte numérisé non relu

Jul., Ep, X [éd. Spaii

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En même temps qu'il envoyait cette pièce officielle pour être affichée sur les murailles de la ville, il écrivait au nouveau préfet d*Ëgypte une lettre confidentielle. Là, oubliant et le crime et la justice, il ne se montrait préoccupé que d'une seule chose, c'était de sauver du pillage la bibliothèque de Georges, riche collection dont il avait pu apprécier autrefois la valeur, et qu'il voulait à tout prix se procurer. Il donnait au préfet commission de l'acquérir par tous les moyens, sans distinction de livres grecs ou chrétiens. «Sûrement, disait-il, je voudrais que ces derniers fussent détruits sans retour; mais, de crainte qu'on ne confonde les uns avec les autres; recueillez et conservez-Iez tous avec diligence. Si vous avez lieu de supposer qu'on en ait soustrait quelques-uns, ne négligez aucun moyen de connaître les détenteurs, ni serment, ni question donnée aux esclaves, ni tout autre mode de conviction \ »

On ne sait si le préfet d'Kgyple eut le loisir nécessaire pour exécuter cetle importante commission ; car il était lui-même fort occMipé, il faisait des recherches pour retrouver le bœuf Apis, et il annonçait à Julien qu'il avait la joie d'y réussir : puis il faisait reporter en grande pompe de l'église chrétienne au Sérapeion la mesure qui servait h constater les crues du Nil. On ne sait pas non plus quelle impression produisit à Alexandrie Tédit impérial quand il fut affiché sur les murailles. Tnc autre nouvelle, en etlet, y était venue tout à coup distraire

1 , Jnl., Ép. IX et XXXVI («^d. Sprin.), p. 377, 411.

les imaginations : tous les regards étaient tournés, qod plus (lu côté du port, d'où arrivaient les ordres de rempereur, mais du coté du Nil , d*où pouvait être signalée à tout instant la barque qui devait ramener Atbanase. L'usurpateur mort, en effet, et le terrain déblayé par la justice divine et la violence populaire, Atbanase n'avait plus de raison de rester caché ; le désert le rendait enfia au jour; il avait reparu; il allait venir; d'heure ea heure on s'attendait à le revoir. Alexandrie se remplit d'une foule chaque jour grossissante, qui accourait de tous les points de l'Egypte pour se rassasier de la vue de cet homme dont la vie avait surpassé, par l'héroïsme de la foi, toutes les merveilles de la fable *•

Lorsqu'on sut qu'il approchait (ce dut être vers le milieu d'août], toute la ville se porta d'un élan à si rencontre. Il avait pris terre à une journée enviroB d'Alexandrie, et s'acheminait monté sur un âne. « Tous allaient au-devant de lui, dit son panégyriste, partagés par sexes, par âges, pai* professions ; car c'est ainsi que se rangent les habitants de cette ville pour décerner un hommage public. Ils débordaient comme un fleuve. Un poëte eût dit que c'était le Nil avec ses flots d'or qui font naître les moissons, le Nil rebroussant d'Alexandrie vers Chérée. Laissez-moi jouir un moment de ce récit... Ne m'arrachez point au spectacle d'une telle fête. Il cLiit monté (souffrez que je le dise sans être accusé de folie), comme le Christ, sur le poulain d'une ànesse.

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