‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 242 sur 324 · Jul., Ep. iLiii (éd. Span.), p · texte numérisé non relu

Jul., Ep. iLiii (éd. Span.), p

que les habitants de Gaza restassent plus passionnément attachés qu% jamais au culte païen. Humiliés pendant tout le règne de Constance, ils relevaient la tête depuis que Julien venait en aide aux Dieux vaincus. Ils avaient demandé très-instamment que Maiume Tût privée des prérogatives dont Constantin Tavait comblée, et réduite comme avant son règne à Télat de ville de second ordre. La demande leur avait été accordée; et, forts de cette marque de sympathie, ils en prenaient avantage pour faire sentir à leurs voisins toute leur supériorité. Les chrétiens qui vivaient dans leurs murailles étaient forcés de s*enfuir : les chapelles chrétiennes étaient livrées aux flammes; enQn,les esprits s'exaltant chaque jour, on finit par faire périr dans une commotion ik>pulaire toute une famille de distinction, composée de trois frères qui avaient porté les armes et exercé de grands emplois. Le gouverneur de la province, qui avait toléré bien des excès, trouva pourtant que cette fois la mesure était comblée. Il accourut précipitamment, menaçant la ville de la colère impériale, et fit arrêter les principaux coupables. Les gens de Gaza prirent peur, sentant bien qu'ils avaient été trop loin, et craignant la renommée de justice de l'empereur '.

Leurs envoyés arrivèrent donc à la cour, tout tremblants et prêts à se justifier humblement. Le gouverneur arrivait aussi, un peu troublé, mais confiant dans

1. Soz., V, 3, 9. —S. Jér., Vit. Mil. — S. Grég. Naz., Or, iv, 86. — Voir 1" partie de celte histoire, t. ii, p. 840, 841.

réquité du maître. L'accueil qui leur fut fait montra combien les temps étaient changés. Non-seulement aucune réprimande ne fut adressée aux habitants de Gaza, mais Julien se montra très-mécontent du gouverneur et le révoqua de sa charge. Le pauvre magistrat» un peu honteux d'être pris pour dupe, s'excusait en vain sur la justice, sur les lois qu'il avait voulu exécuter : « Eh ! qu'importe! dit Julien avec humeur; est-ce un si grand crime qu'un Grec tue dix Galiléens * ! »

Un encouragement aussi clair équivalait à un ordre positif de courir sus aux chrétiens. Les païens de la Palestine le comprirent ainsi; et, d'un bout à l'autre de cette infortunée province, ce ne furent plus que d'horribles scènes de carnage auxquelles prirent part activement les Juifs, ennemis non moins acharnés et non moins humiliés des chrétiens. A Gaza même, des vierges chrétiennes furent traînées sur la place publique; on leur ouvrit le ventre, et on fit manger leurs entrailles aux pourceaux. Partout les églises furent incendiées, les tombeaux des martyrs furent violés, et leurs cendres jetées au vent. Ce fut le traitement qu'on fit subir aux restes du saint précurseur Jean-Baptiste, enterrés à Sébaste en Samarie , et qu'on exhuma pour les brûler en grande pompe sur la place publique. A Panéade , dans le territoire de l'ancienne tribu de Dan , on renversa à coups de pierres une statue de Jésus-Christ

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