Soz., V, 9. — S. Grég. Naz., Or, iv, 93. — Soc., m
élevée, disait une tradition respectable , par la femme que le Sauveur avait guérie d*uiie perte de sang. Sur son piédestal on plaça une statue de Julien. Sozomèney Juif d'origine, et qui raconte tous ces détails d^aprèsles récits de son aïeul , compromis dans cette persécution , ajoute que, dès le lendemain , la statue était frappée de la foudre, comme autrefois l'idole de Dagon dans le sanctuaire ^ Les chrétiens veillaient cependant et recueillaient en secret les débris de l'image du Christ, pour les conserver à la piété des fidèles.
Des villes de Palestine la violence et le désordre se répandirent bientôt dans les campagnes. Là vivaient dans l'austérité monastique, sous la conduite du disciple de saint Antoine, Ililarion, des anachorètes, héritiers directs des Esséniens de l'ancienne Judée. Une bande de furieux se porta sur leurs humbles demeures , les mit au pillage et maltraita indignement leurs personnes. Mais la rage de ces bandits fut déçue* en ne trouvant point dans cette retraite le fondateur et le chef des monastères, Ililarion lui-même , dont la réputation de sainteté leur était depuis longtemps particulièrement odieuse. Après l'avoir cherché avec soin dans tous les asiles où il pouvait se cacher, ils apprirent enfin , à leur grand désappointement, qu'il avait quitté ses disciples, depuis quelque temps déjà, pour fuir la vénération pieuse dont son humilité se trouvait importunée. Il devaits'être réfugiéen
1. Théod., m, 7. — Rul"., ii, 28. — Chron. Alex , p. 546. — Soz.,^, 21. — Philost , VII, 3. — Eus., VII, 17.
Egypte, car il était parti un jour pour visiter le tombeau de saint Antoine, et depuis il n'était plus revenu. La haine de ses ennemis était si acharnée, qu'ils ne reculèrent pas devant l'idée de se mettre à sa poursuite. L'été s'était écoulé dans ces désordres, et on était déjà arrivé au moment extrême fixé par Julien pour le départ d'Athanase. Afin d'assurer l'exécution de ses ordres, l'empereur faisait partir des officiers spécialement chargés d'y tenir la main. Quelques païens de Palestine demandèrent la permission de se joindre à cette expédition; dans l'intention expresse de découvrir l'asile d'Hilarion et de s'emparer de sa personne. Saint Jérôme affirme très-expressément que Julien les y autorisa. Peut-être se borna-t-il à fermer les yeux sur leur départ, décidé qu'il était désormais à ne plus réprimer les excès d'un zèle dont son âme irritée partageait toute l'impatience ' .
Vers les derniers jours de novembre, par conséquent, trois ordres de voyageurs se mirent en route, d'Asie Mineure vers Alexandrie : le comte , envoyé par Julien , d'abord , puis les persécuteurs obstinés d'Hilarion , et enfin une petite dépulation de chrétiens obscurs, qui allaient porter à Athanase, en témoignage de sympathie pour ses nouvelles épreuves, quelques restes pieusement recueillis des cendres de saint Jean-Bapliste. Ceux-ci furent les seuls qui purent remplir l'objet de leur mis-