IV
souvenirs bibliques, et obéis à rempereur; car il esl écrit ; le cœur du roi est dans la main de Dieu. — Oui, dit Théodore!, le cœur du roi qui coniiait Dieu, et non le cœur du tyran qui adore le démon. — Tu oses donc, reprit le comte, appeler l'empereur un tyran ! — S'il a commandé ce que vous faites, dit le martyr, on doit le regarder non-seulement comme un tyran, mais comme le plus misérable de tous les hommes. » Et comme le juge le menaçait d'une mort immédiate : ce Songe à mourir toi-même, s'écria-t-il d'une voix prophétique. Je te prédis que tu rendras Tâme dans les tourments les plus aigus. Et quant à ton tyran, qui se flatte de la victoire, il sera vaincu lui-même : une main inconnue lui ôtera la vie, et son corps demeurera sans sépulture dans une terre étrangère ^ »
L'auditoire était consterné; les bourreaux sentaient leurs mains tomber et leurs genoux fléchir. Ils voyaient, disaient-ils, quatre anges vêtus de blanc qui parlaient au saint et l'animaient. Pour terminer au plus vite cette scène lugubre, le comte fit trancher la tête au condamné sans autre forme de procès. Il se leva ensuite, le visage pâle et les sens tout bouleversés. Arrivé au palais, il hâta de rendre compte à l'empereur de l'exécution d ses ordres. A sa grande mortification, l'empereur montra fort mécontent : il avait ordonné la clôture la spoliation des églises, mais il n'avait point comman