‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 253 sur 324 · Jul., Misop.j 6C-G7. — Tourlet, t. in, p · texte numérisé non relu

Jul., Misop.j 6C-G7. — Tourlet, t. in, p

JULIEN PERSËCUTËUU. 299

le ces hommes qui outragent les Dieux et préfèrent Ta- Ihéisme à la piété. En outre» exhortez tous vos prôtres k ne point fréquenter les théâtres, à ne pas boire dans les cabarets et à n'exercer aucun métier infâme. Honorez ceux qui vous écoutent; chassez ceux qui vous résistent. Établissez dans chaque ville des maisons d'étrangers { Çevo^oxeîa ) , pour que les voyageurs jouissent de notre humanité , et non -seulement ceux de notre croyance, mais encore sans distinction tous ceux qui ont besoin de secours. J'ai songé à vous mettre en mesure de pourvoir à ces besoins, car j'ai ordonné qu'on mit à votre disposition, dans toute la Galatie, mille mesures de blé et soixante mille de vin chaque année, dont la cinquième partie sera destinée aux serviteurs des prêtres, et le reste aux étrangers et à ceux qui mendient. Il est honteux, en elTel, pour nous de voir que personne parmi les juifs ne mendie et que les impies Galiléens nourrissent non-seulement leurs pauvres, mais les nôtres; de sorte que nous paraissons abandonner entièrement ceux qui nous appartiennent. Enseignez donc à ceux qui professent le culte des Grecs à contribuer à de tels services. Apprenez aux villages à oflTrir aux Dieux les prémices de leurs récoltes; accoutumez-les à des actes de bienfaisance et rappelez-leur que telle fut autrefois notre coutume. Homère ne fait-il pas dire à Eumée : « Étranger, quand un plus misérable que vous « viendrait sous mon toit, il ne me serait pas permis de <c le mépriser, car le pauvre vient de Jupiter comme le

(( riche. Ce que je puis est peu de chose, mois c'est le don (( d'un ami. » Ne souiïrons donc point que d'autres s'emparent de nos verlus, et nous laissent la honte de 'notre paresse, car ce serait trahir le culte des Dieux. Je verrai avec joie que vous accomplissiez ce que Je vous ordonne. Visitez rarement les gouverneurs; écrivez-leur plutôt; quand ils entrent dans la ville, qu'aucun prêtre n'aille à leur rencontre; quand ils viennent au temple, qu'on aille les recevoir au vestibule; que nul soldat n'enlre avec eux; que chacun puisse les suivre librement. En eiïet, dès que le souverain a passé le seuil du temple, il n'est plus qu'im homme comme un autre. C'est vous qui présidez à tout ce qui se fait dans le temple : ainsi le veut la loi divine* »

Ces paroles, la plus sévère condamnation peut-être que le paganisme eût entendue d'une bouche amie, n'étaient passeulement chez Julien une explosion de colère pa?sngorc, c'élait l'expression de tout un plan de réforme qu'il avait médité pour conformer sa religion à l'idéal imaginaire d'une pureté primitive, et pour soutenir en attendant, avec plus d'avantage, la comparaison de l'idéal visible qui se dressait incessamment devant ses regards. Réformer le polythéisme dans sa discipline, dans sa doctrine, dans ses mœurs, c'était la chimère dont il se berçait pendant les raros moments qu'il pouvait soustraire à ses études ou 5 sa haine, entre deux méditations philosophiques et deux accès de colère. Le

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